Vidéo Sydney 72.

Ce TV n'était pas parfait, mais il faut avouer qu'il offrait une image bluffante. Son écran avait une vie bien particulière et générait après quelques années de fonctionnement, un petit spot à l'extinction en forme de virgule qui pouvait en inquiéter certains. Il n'était pas usé pour autant. Pour l'époque, ses caractéristiques étaient honorables. On avait 2 prises péritélévision et une connexion caméra en façade avec possibilité de source SVHS, le grand luxe. Son menu permettait une sortie de veille programmable. Un arrêt total du téléviseur était proposé en appuyant 2 fois sur la touche veille de la télécommande. Bien pratique dans une chambre. Le son n'était pas en reste avec 2x20w max. On pouvait lui adjoindre un récepteur satellite interne par simple module. Grundig utilisait un THT (transfo haute tension alimentant le tube cathodique en 25000v) d'une fiabilité exemplaire. C'était loin d'être toujours le cas chez les concurrents. La qualité d'image était à son apogée, mais la gamme suivante allait décliner pour favoriser la technologie 100 Hz qui pour moi n'a jamais cassé 3 pattes à un canard. Sur un TV 100 Hz, je vous mets au défi de lire convenablement un générique se déroulant rapidement et horizontalement en bas de votre écran. C'est impossible, mais normal puisqu’une bonne partie de l'image produite est fabriquée par le TV. Rien ne vaut un CUC 6365. Cet excellent châssis inaugurait un ampli trame + commande est/ouest d'un nouveau genre, permettant de commuter votre appareil du format natif 4/3 au 16/9. Hélas cet IC TDA 8350Q de chez Philips, chauffait bien trop pour être fiable. La fiabilité n'était pas non plus le fort des transistors CMS équipant les modules de ce téléviseur créant une multitude de phénomènes à la con difficiles à diagnostiquer quand on n’est pas Grundigophile. Son look avant-gardiste était sympa et même son capot arrière était design. Dommage que ses fixations cassaient aussi facilement avec le temps. Je vous invite à visualiser les photos de l'intérieur de ce téléviseur, châssis + modules côtés composants et soudures dans les 4 pages suivantes. Sans oublier l'incontournable télécommande TP 720 d'origine... La photo en haut de page montre une amplitude ligne trop large. Le TV n'est pas en cause, c'est le décodeur TNT qui est mal réglé.

TV SYDNEY 72 ST 1772/9TOP faces avant et arrière

Sydney 72 de face éteint.
Sydney 72 de face allumé.
Sydney 72 en vidéo.

VIDEO ICI

Sydney 72 de dos.

Chassis CUC 6365 cotés composants et soudures

Ce châssis mère avait l'avantage de ne pas utiliser de CMS. Il était donc plus facile de mesurer ou de changer un composant. L'alimentation dite "froide" à découpage et à base de TDA 4605/3 était très fiable et sa régulation était parfaitement maitrisée. Sa résistance VDR R623 à coefficient négatif protégeait efficacement le TV d'une surtension EDF. Il y avait une commande séparée du son pour les HP en façade et le casque. Sauf que l'ampli casque était mal conçu et on avait un retour parasite du balayage ligne dans les écouteurs très désagréable. Et comme ce balayage fonctionnait à 15625 Hz, il n'était pas rare d'entendre un sifflement désagréable venant de l'arrière du téléviseur. Les selfs faisaient office de tweeters et chantaient par intermittence à cette fréquence. Ca énervait les clients les moins âgés et il fallait s'appeler Mac Gyver pour trouver une solution acceptable. Grundig ne se souciait pas trop de ces petits détails. Rien à redire côté module afficheur et tuner très sensible comme toujours chez ce constructeur.

Châssis CUC 6365.
Châssis CUC 6365.
Chassis CUC partie puissances.
Châssis CUC 6365 partie petits signaux.
Châssis CUC partie puissances.
Châssis CUC 6365 partie petits signaux.
Châssis CUC 6365 coté soudures.

TV SYDNEY 72 ST 1772/9TOP modules FI et TRC

Ce module FI a eu bien du mal avec Canal +. Il était géré par un IC Philips TDA 9811 1Y totalement incompatible avec la chaine cryptée. On a dû user d'astuces pour espérer faire fonctionner les décodeurs de l'époque. Il aura fallu attendre l'arrivée d'une version modifiée TDA 9811 3Y pour solutionner ce problème récurrent. Sans oublier les inévitables pannes de transistors BC 858 en sortie de la platine perturbant le signal vidéo.

Le module TRC a été lui aussi dans la tourmente. L'IC TEA 5101 A/D s'est retrouvé détruit de nombreuses fois lors de l'extinction de l'appareil. Cela se traduisait à la prochaine mise en route, par un écran blanc, des lignes de retour et une mise en sécurité du SYDNEY. Grundig offre depuis les sixties, une fonction appelée extinction du spot sur tous ses téléviseurs. Le principe consiste à injecter une tension négative sur les G1 du tube cathodique. Cela afin de bloquer les électrons et empêcher la formation d'un spot concentré au milieu de l'écran lors de l'arrêt du TV. Le but étant bien sûr, d'éviter de marquer la dalle. Mais les tubes cathodiques nouvelle génération "Black Line" ont leurs grilles plus rapprochées des cathodes rendant l'amorçage d'une tension négative, fatal au circuit intégré. Une brève tension négative de presque -180v remontait du tube, passait des grilles aux cathodes, puis transitait par les résistances de protection à coupelles métalliques et couche carbone de 100kohms en leur centre. L'IC était protégé nativement contre un flash positif du tube, mais pas contre un flash négatif. Le remède consistait à diminuer la tension d'extinction et remplacer les résistances de protection des commandes RVB par des résistances uniquement carbone sans coupelles métalliques. En effet, elles avaient des propriétés capacitives et laissaient passer un flash négatif, flinguant le TDA 5101 A/D très souvent. Il était également conseillé de câbler directement 3 diodes BAV 21 en protection négative sur les sorties de l'IC ampli RVB trop exposé (voir photo de la platine TRC modifiée par mes soins en 1996 côté soudures). En fait, ce problème a pourri la vie de Grundig quelque temps. A commencer par les tubes Philips à masque "Invar" 110° de 1990, notamment les "MONOLITH" de l'époque.

Module FI coté composants.
Module FI coté soudures.
Module TRC coté composants.
Module TRC coté soudures.

TV SYDNEY 72 ST 1772/9TOP module processeur et TLC

Honnêtement, ce module processeur et télétexte était exemplaire de par sa fiabilité, hormis les soudures sur son connecteur principal. Il n'y avait aucun composant CMS et l'EPROM de programmation se trouvait sur un support. Il n'était pas utile de télécharger quoi que ce soit pour mettre à jour le soft. Je rappelle que nous sommes en 1994 au tout début de l'informatique. Les processeurs de fabrication Siemens ou Motorola, ont toujours été irréprochables chez Grundig. Le châssis CUC 6365 pouvait être équipé en première génération d'un module RVB synchro à base de TDA 9160 pas très fiable, mais permettant une stabilité parfaite de l'OSD ou à base de TDA 8376 très fiable, mais générant une instabilité horizontale de l'OSD et donc du télétexte. La deuxième génération équipera le Sydney 72 provoquant des plaintes clients de menus à l'écran qui ont la bougeotte. Il fallait alors repasser en première version et changer la carte processeur équipée d'une EPROM spécifique. Inutile de dire qu'il valait mieux faire ce changement pendant la garantie sinon c'était hors de prix.... L'affichage à l'écran de l'OSD (menus et télétexte) pouvait être altéré par un déchirement laissant à penser que les parasites HF générés naturellement par l'alimentation à découpage étaient filtrés partiellement sur le 5v. Sans oublier un éventuel mauvais filtrage du balayage ligne. Il était prudent de vérifier les capacités chargées de neutraliser ces phénomènes, voire d'y adjoindre au cas par cas d'autres condensateurs inhibant les hautes fréquences.


La télécommande TP 720 avait une directivité excellente comme Grundig a toujours su proposer à ses clients. Il n'était pas utile de viser le récepteur infrarouge pour espérer changer de chaîne. Vous pouviez carrément vous permettre de tourner le dos à votre télé. Ca fonctionnait quand même… Le confort d'utilisation des télécommandes Grundig et de leur fiabilité a toujours été reconnu par les clients de la marque allemande.

Module processeur et téletexte coté composants.
Module processeur et téletexte coté soudures.
Télécommande Grundig TP 720.

S'il existe bien un module chez Grundig qui aura énervé plus d'un technicien, c'est celui-là. Il gère beaucoup de choses, mais fait appel aux transistors CMS BC 858 tristement connus pour leur fiabilité digne d'une traban. Que ce soit pour attaquer les cathodes du tube cathodique, les sécurités du téléviseur ou encore les sources vidéo d'entrée et j'en passe… Toutes les fonctions inhérentes aux BC 858 subiront à plus ou moins brève échéance, une panne du style, extinction erratique du TV voire couleur(s) manquante(s). Sans oublier, comme précisé précédemment que ce module est équipé de l'IC vidéo/chroma/synchro TDA 8376 pas totalement compatible avec le module processeur. Il provoque une instabilité horizontale de l'OSD. Ca donne l'impression que le télétexte à Parkinson… Ce n'est pas rédhibitoire, juste gênant à ce niveau de prix... C'est dommage parce que ce circuit intégré gère admirablement l'image du téléviseur, associé au tube cathodique haut de gamme Philips de qualité. Le contraste est saisissant, la finesse de restitution est exemplaire et le traitement du blanc est parfait. L'équilibre chromatique est restitué sans fautes. Le rouge est particulièrement bien respecté. Bref, ce module est aussi efficace qu'il est peu fiable. Heureusement pour les techniciens réfractaires aux TV Grundig, il était possible à l'époque de faire un échange standard du module. Je crois que c'est sur ce module que j'ai changé le plus de transistors CMS dans toute ma carrière. Je précise que ce genre de composant actif doit faire 5x3 mm. Il ne faut pas avoir le "palu" pour les remplacer. Ca annonçait en 1994 déjà la fin d'une époque, la fin d'une histoire... Bientôt, le job serait obsolète. Dix ans après, on était devenu des dinosaures inutiles en quête d'un nouveau business. Pour en revenir à ce module à base de TDA 8376, il a existé en deux sous-versions que seuls les techniciens passionnés ont  observées. Toute la sécurité sur le frein de faisceau a été modifiée. Plus de 15 valeurs de composants CMS ont évolué sans jamais que nous en soyons informés par note technique. Il faut comme toujours, scruter l'évolution des schémas pour s'en apercevoir. C'est un peu ce que je reprochais à Grundig. Sortir trop vite leurs produits sans les avoir testés dans différents laboratoires représentatifs du territoire. Grundig a toujours été une marque sérieuse et ses produits de qualité. A condition d'appliquer les modifications à postériori du constructeur. C'est toujours un peu frustrant de se sentir cobaye quand on a acheté un produit aussi onéreux. Sans être parfait, je pense que ce module était au summum de ce que pouvait proposer la marque allemande en qualité d'image sur un TV 50 Hz dans les années 90. Les 100 Hz ne lui arriveront jamais à la cheville.

Module RVB synchro coté composants.
Module RVB synchro coté soudures.

TV SYDNEY 72 ST 1772/9TOP module RVB synchro

Ce téléviseur m'a été confié par un ami à qui j'avais conseillé l'achat en 1995. Ce châssis CUC 6365 50Hz associé à un tube haut de gamme PHILIPS "Black Line" du nouveau concept "MEGATRON" est à mon sens celui qui a offert la plus belle image de la marque. D'autres modèles à base de tubes haut de gamme TOSHIBA exploitant les technologies "SVM" et "focus dynamique" apportaient une qualité d'image tout aussi irréprochable. Ces derniers offraient même le luxe d'écrans sans la moindre poussière avec le procédé "CCS".

Ce SYDNEY était utilisé dans une chambre pour visionner les DVD. Il présente le défaut suivant: lors d'un orage reproduit à l'écran ou d'une image très claire, le TV s'arrête de lui-même par extinction totale. Le châssis CUC 6365 est équipé d'un interrupteur secteur qui se déclenche électriquement. On peut donc arrêter totalement l'appareil à distance ou le processeur peut ordonner son arrêt de sécurité à la moindre anomalie. Concrètement, dès que mon pote regardait son film et qu'il y avait à l'écran un éclair ou un blanc intense, le TV s'arrêtait de lui-même. Ca l'a vite gonflé et il l'a condamné au grenier. Ce GRUNDIG a donc fonctionné 12 ans. Le tube cathodique est loin d'être usé. Il est intéressant de se pencher sur le problème.


Comme j'ai la chance d'avoir un DVD provoquant la panne toujours à la même séquence du film, cela va me faciliter la tâche. Tous les techniciens savent que ce genre de défaut est à rechercher en premier du côté de la sécurité frein de faisceau. Il faut que je mesure l'info de retour ligne appelée L' chez GRUNDIG, pour analyser le phénomène. Chez ce constructeur, ce point névralgique tourne toujours autour de 110 à 120 volts crête. Sauf exception sur ce châssis spécifique où on doit mesurer 12.1 v exactement en régime établi. Il s'avère qu'en cas de mise en sécurité, je mesure presque 24v en pointe sur ce Sydney. C'est le double de la limite autorisée. Il est donc normal que le téléviseur agisse ainsi. Il existe une méthode moins formelle, mais bien pratique pour lever le doute sur une panne de frein de faisceau. Il suffit d'éteindre le TV. Débrancher l'antenne. Rallumer le TV et attendre 5 minutes. Puis rebrancher l'antenne. S'il y a la moindre anomalie sur la sécurité frein de faisceau, le téléviseur se mettra immédiatement en sécurité. Ce qui se vérifie ici. En explorant le schéma pour voir où est prélevé cette information de retour ligne L', je ne peux que soupçonner soit l'un des deux condensateurs d’où est ponctionnée l'information L', soit le module RVB Synchro, soit le module processeur ou encore le tube cathodique. Il s'avère que c'est bien l'un des deux condensateurs "auto cicatrisant" de 142p 2000v spécifique sur le point chaud du diviseur capacitif qui crée la panne. Il se nomme C 518 sur le schéma. Son remplacement confirmera mes doutes avec une info de retour ligne enfin stable à 12.1v. Après dépoussiérage, vérification des tensions notamment du +A, dépannage, renforcement de quelques soudures ici et là, et nettoyage en profondeur, ce TV est de nouveau opérationnel et presque rutilant.


Je me souviens avoir vu ce TV pour la première fois fin 1995. IL avait immédiatement attiré mon attention par la restitution naturelle de ses couleurs et la vivacité de son contraste. J'étais bluffé, je l'avoue. Les constructeurs ne nous avaient pas habitués à des images aussi authentiques. Les clients ne s'y étaient pas trompés. Le stock  avait dû être vendu en moins de 2 mois alors que le produit valait 5000f avec meuble. Nous étions dans une nouvelle aire technologique avec des tubes cathodiques au contraste vraiment renforcé et masques "Invar" ne se déformant pas à la chaleur. L'électronique pouvait enfin générer une image d'un vrai blanc naturel, rarement proposée jusque là. Ce SYDNEY était la version générique destinée aux hypermarchés et concurrençait le 72 761/9TOP réservé aux traditionnels plus cher avec une esthétique différente, mais aux caractéristiques similaires.


Ce sera le dernier châssis de qualité chez GRUNDIG en 50Hz. Le suivant sera beaucoup trop économique pour arriver à la cheville du CUC 6365. L'image deviendra pâle quelque soit le tube cathodique utilisé et une dominante verdâtre va se généraliser. Le déclin de la marque était amorcé au grand désarroi des techniciens.


Vous pouvez consulter à votre droite via Fiche Technique, le schéma en PDF téléchargeable à un détail prêt. Le document concerne le modèle ST 63-761/9top à l'esthétique différente, mais même châssis électronique.

Mon indice de qualité du TV

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Sydney 72 ST 1772/9TOP restauré et bon pour le service!


Comme vous pouvez le constater ci-dessous, un petit composant de rien du tout peut vous pourrir la vie. Plus c'est petit, plus c'est vicieux. Et je ne vous parle pas des composants CMS qui ont souvent fait du tort à Grundig. C'était mieux avant, comme il nous plait à dire. Les écrans plats d'aujourd'hui sont jetables et les techniciens TV aussi.... Merci de m'avoir lu.


















                                                Hervé B
                                            Janvier 2020

La panne de ce téléviseur => un condensateur FKP1 142PF 2000V 2.5% ''autocicatrisant''. Il fuyait lors de fortes sollicitations.
Schéma technique CUC 6365.

RESTAURATION D'UN TV GRUNDIG SYDNEY
72 ST 1772/9TOP
CHASSIS CUC 6365

CONSTRUIT FIN 1994
EN ALLEMAGNE.