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Au cours des sixties, le marché communautaire de la télé voit apparaître les premiers constructeurs japonais. Sony ouvre la voie, grâce à sa maîtrise de la miniaturisation et à une qualité d’image qui surprend un public encore attaché aux marques nationales. Panasonic, alors connu sous le nom de National, s’impose rapidement, bientôt rejoint par JVC. Leur arrivée marque le début d’un basculement industriel que le continent ne parviendra jamais vraiment à enrayer. Autour d’eux gravitent des acteurs plus discrets : Pioneer, Hitachi, Sharp, Toshiba et Akai, sans oublier Kenwood. Leur influence reste limitée dans un premier temps, mais chacun contribue à préparer l’ascension du Japon. Je choisis d’occulter Sanyo, acteur bien présent en Europe, qui, à mes yeux, n’apporte aucun intérêt technique ou visuel.
                                 
.............. Nota : Cliquez sur l'une des  marques affichées en rouge gras pour y accéder directement ...............
Dans les années 70, cette dynamique se confirme inexorablement. Sony, National–Panasonic et JVC consolident leur présence, tandis que les autres industriels restés en retrait gagnent en puissance. L’ensemble forme un front technologique dont l’efficacité, la fiabilité et la production de masse mettent à mal un Vieux Continent incapable de suivre le rythme. Thomson, Philips, Grundig ou Telefunken voient leur avance historique s’éroder, impuissants face à ce renversement progressif, mais implacable. Toutes ces marques sont détaillées ci-dessous, dans l’ordre de leur importance et de leur impact à l'échelle continentale. Il ne faut pas oublier de mentionner également, dans l’univers de la TV nipponne, Funai, Mitsubishi, NEC et Orion, ainsi qu’Aiwa, Denon, Luxman, Onkyo et Sansui en Hi-Fi. Je ne peux toutefois pas tout traiter; des choix s’imposent pour ne retenir que les leaders les plus représentatifs en volume sur le territoire européen. Quelques pépites enrichiront néanmoins la rubrique  "Au gré  des découvertes" en bas de page.

SONY

(1958)

Née des ruines du Japon d’après-guerre, Sony incarne l’esprit d’innovation et la renaissance technologique du pays. Fondée par Masaru Ibuka et Akio Morita, l’entreprise est devenue en quelques dizaines d'années un symbole mondial de créativité et de modernité, marquant à jamais l’histoire de l’électronique grand public.

Sony et son histoire.


L’aventure débute en 1945 sous le nom de Tokyo Tsushin Kenkyujo (Totsuken), renommée l’année suivante Tokyo Tsushin Kogyo (Totsuko). Les débuts sont modestes, avec notamment un cuiseur à riz raté, mais la firme participe activement à la reconstruction des télécommunications japonaises.


Entre 1949 et 1950, Totsuko conçoit ses premiers magnétophones à bande et dépose la marque Tapecorder. Le nom Sony apparaît progressivement à partir de 1955, fusion entre sonus (son) et sunny boy (esprit libre). En 1958, la société devient officiellement Sony Corporation.


Dans les années 1950-1960, Sony s’impose par son esprit pionnier : premier poste de radio à transistors, première télévision portable transistorisée (TV8-301 en 1960), et ouverture à l’international avec Sony Corporation of America. L’entreprise développe aussi ses propres tubes cathodiques couleur, menant à l’invention révolutionnaire du Trinitron en 1968, référence absolue en matière de qualité d’image.


Les décennies suivantes confirment l’avance technologique de la marque :

  

  • 1970-1980 : mise au point du magnétoscope à cassette, format Betamax, puis lancement du Walkman en 1979, qui bouleverse la manière d’écouter la musique.

  

  • 1980-1990 : coopération avec Philips pour créer le Compact Disc (CD), lancement du DAT, puis diversification vers la vidéo 8 mm, le caméscope CCD, et la micro-télévision Watchman.

  

  • 1990-2000 : arrivée du MiniDisc (MD) en 1992, de la PlayStation en 1994, puis de la gamme VAIO dans l’informatique en 1996. Le DVD et les lecteurs MP3 suivent, malgré une concurrence accrue d’Apple.


En dépit de ses succès, Sony est obligé d'amorcer au XXIᵉ siècle une mutation industrielle : l’entreprise confie la fabrication de certains produits à des partenaires asiatiques tels que Foxconn ou Wistron, tout en conservant son rôle moteur en matière de recherche, d’innovation et de design.


Conclusion :

De ses débuts artisanaux à son statut de géant mondial, Sony a profondément influencé la culture technologique contemporaine. Son histoire témoigne d’une quête constante d’excellence et d’innovation, où chaque produit, du Trinitron au Walkman, du CD à la PlayStation, a redéfini un pan entier de notre rapport à l’image et au son.

SHARP

(1912)

C’est en 1912 que Tokuji Hayakawa fonde à Tokyo un atelier de métallurgie. Trois ans plus tard, il invente le premier portemine mécanique, baptisé Ever-Sharp Pencil, le "crayon toujours bien taillé". Ce succès donnera son nom à l’entreprise Sharp, qui évoluera rapidement vers les domaines de l’électronique grand public, professionnelle et la conception de composants.

Sharp et son histoire.


Des instruments d’écriture aux produits électroniques de pointe, Sharp s’impose très tôt comme l’un des acteurs majeurs de l’innovation japonaise. Dès le milieu du XXᵉ siècle, la société oriente ses recherches vers l’audiovisuel, la radio et la télévision, domaines dans lesquels elle se distingue par la qualité et la fiabilité de ses appareils.

Dans les années 1980, Sharp marque les esprits avec ses ensembles radio-K7 "Hi-Fi", intégrant parfois une platine disque verticale à bras tangentiel. De véritables monstres technologiques, imposants et spectaculaires, qui faisaient la fierté des vitrines et attiraient immanquablement les amateurs de belle mécanique sonore. Optonica, sa marque haut de gamme lancée dans les années 1970, regroupait amplificateurs, tuners, platines TD et lecteurs de cassette, des éléments reconnus pour leur qualité audio et leur élégance "neutre" (un peu trop à mon goût), et censés rivaliser avec Pioneer ou Technics.


Sharp innove aussi sur certains lecteurs cassette avec l’APSS (Automatic Program Search System), breveté par la société sur la base des travaux de Matsushita. Cette fonction permet de passer automatiquement au début du morceau suivant ou précédent en détectant les silences entre les titres, offrant une navigation rapide et confortable sur la bande.


Partenaire historique de la NHK, Sharp contribue dès 1995 au développement de la télévision ultra-haute définition (8K, 7680×4320), principalement destinée aux usages professionnels. Cette collaboration marque un tournant dans l’histoire du constructeur, qui devient un pionnier de la très haute résolution.


La gamme Aquos, lancée dans les années 2000, symbolise cette expertise : en 2013, Sharp présente le LC-90LE757, premier téléviseur Full HD LED de 90 pouces (2,30 m de diagonale), proposé à 12 900 €. Trois ans plus tard, en 2016, l’entreprise passe sous le contrôle du géant Foxconn, rejoignant la liste des marques japonaises passées sous pavillon chinois. En avril 2018, Sharp dévoile en France le moniteur 8K LCD Aquos LV70X500, sans tuner intégré, affiché à 11 999 € et destiné aux professionnels les plus exigeants.


Si je parle de Sharp aujourd’hui, c’est pour son capital sympathie et son matériel atypique majoritairement fiable. Ses magnétoscopes VHS, exploités entre autres par Océanic Sonolor puis Grundig dans une moindre mesure, en sont une parfaite illustration. J’ai eu la chance d’être dépositaire Sharp dans les Ardennes pendant des décennies, appréciant au quotidien la constance de cette marque japonaise, attachée à sa propre identité. Une anecdote illustre bien cette singularité : après un incendie chez un client, il m’a fallu patienter un an pour obtenir une simple pièce de présentation d’une chaîne Hi-Fi, un record d’attente qui paradoxalement n’a fait que renforcer mon estime pour Sharp et ses équipes.

  

HITACHI

(1910)

HITACHI est une société fondée en 1910 par Namihei Odaira, ingénieur japonais qui conçoit le premier moteur électrique à induction de cinq chevaux du Japon. D’abord implantée à Hitachi, la société déplace son siège à Tokyo en 1918, amorçant ainsi son développement industriel. Devenue un vaste conglomérat, HITACHI diversifie très tôt ses activités et s’impose dans de nombreux secteurs technologiques.

Hitachi et son histoire.


En 1959, naissance d’HITACHI AMERICA, suivie d’HITACHI EUROPE en 1982, marquant son expansion mondiale. L’entreprise multiplie les innovations : première machine à laver automatique en 1961, système de climatisation doté de compresseurs à rouleaux (scroll) en 1983, puis, dans les années 90, production de disques durs, puces magnétiques à polarités inversées, batteries au lithium, processeurs pour téléphones mobiles, équipements nucléaires, et outillage professionnel.


Fin 2006, HITACHI rachète le fabricant de matériel audio automobile CLARION, élargissant sa présence dans le domaine automobile. En 2011, WESTERN DIGITAL reprend ses activités de disques durs, tandis que SONY, TOSHIBA et INCJ s’associent à HITACHI pour créer JAPAN DISPLAY, mutualisant la production de dalles LCD.


L’année 2012 marque le rachat d’HORIZON NUCLEAR POWER, acteur des projets de centrales nucléaires britanniques d’Oldbury et Wylfa, ainsi que la fusion avec MITSUBISHI HEAVY INDUSTRIES dans la production d’énergie thermique. En 2013, HITACHI développe des techniques d’authentification biométrique, avant de se lancer dans le ferroviaire avec la création de HITACHI RAIL ITALY en 2015.


Cette même année, la branche climatisation est réorganisée via une coentreprise détenue à 60 % par JOHNSON CONTROLS, tandis qu’en 2017, HITACHI cède HITACHI KOKI (outillage électrique) au fonds KKR et acquiert les activités américaines et asiatiques de SULLAIR.


Aujourd’hui, HITACHI demeure l’un des rares groupes technologiques japonais à l’identité préservée, actif dans des domaines aussi variés que l’énergie, l’électronique, le ferroviaire, l’ingénierie et les infrastructures. Sa branche téléviseurs, quant à elle, est désormais sous-traitée chez Vestel en Turquie.

  

AU GRE DES DECOUVERTES

Cette rubrique se propose, petit à petit, de mettre en lumière quelques pépites Hi-Fi issues du Japon ou de collaborations avec des acteurs nippons, non mentionnées parmi les marques citées ci-dessus. Ces publications témoignent à l'évidence de la richesse et du foisonnement d’une industrie à une époque charnière.

JBL ITALIE

DISTRIBUE PAR

KENWOOD ITALIE

HI-FI

1991

(JBL VIENT DES USA)



SANSUI

HI-FI
FRANCE

1987


RADIOLA

SON.TV

1961.62

  


RIBET-DESJARDINS

SON.TV

1962

  

TOSHIBA

(1939)

La marque Toshiba occupe une place particulière dans l’histoire industrielle japonaise. Son nom reste associé à de nombreuses avancées techniques qui ont marqué le XXᵉ siècle, autant dans l’électronique grand public que dans les infrastructures professionnelles. Elle symbolise également l’excellence japonaise dans le domaine des semi-conducteurs et de l’innovation électronique.

Toshiba et son histoire.


La genèse de Toshiba remonte à 1939, lorsque Shibaura Seisakujo, fondée en 1875 et spécialisée dans l’ingénierie industrielle, fusionne avec Tōkyō Denki, créée en 1890 et reconnue pour son expertise dans l’éclairage et le matériel électrique. La nouvelle société, baptisée Tōkyō Shibaura Denki, adopte progressivement l’abréviation Toshiba, qui ne deviendra toutefois officielle qu’en 1984.


Durant la seconde moitié du XXᵉ siècle, Toshiba se distingue comme l’un des piliers technologiques du Japon. Elle développe successivement des tubes électroniques, des composants informatiques, des équipements médicaux, ainsi que de nombreuses solutions destinées aux infrastructures industrielles. Elle devient par ailleurs, pendant plusieurs décennies, le premier fabricant japonais de semi-conducteurs, position illustrant l’ampleur de sa maîtrise technologique.


Dans les années 1980, Toshiba réactive sa sous-marque Aurex pour identifier sa Hi-Fi haut de gamme en Europe, puis se démarque dans la décennie suivante en télévision CRT avec ses tubes 72 cm 4/3 BlackStripe, reconnus pour leur luminosité, leur contraste et leur longévité, devenus des références pour des images précises et stables.


Toshiba participe également à plusieurs innovations majeures, notamment la normalisation du DVD, l’essor des premiers ordinateurs portables, ainsi que la mise au point de systèmes énergétiques avancés via ses filiales spécialisées.


Face à une concurrence internationale accrue et à la baisse continue des marges, Toshiba entame un désengagement progressif de son activité télévision :

  

  • en 2016, la production est confiée au groupe turc Vestel ;

  

  • en 2017, l’entreprise cède 95 % de Toshiba Visual Solutions au constructeur chinois Hisense, qui obtient ainsi les droits mondiaux de fabrication et de commercialisation des téléviseurs sous la marque Toshiba.


Cette cession marque la disparition de Toshiba en tant que fabricant direct de téléviseurs, la marque subsistant uniquement sous licence.


  

PANASONIC

(1918)

L’histoire de Panasonic commence avec la vision d’un jeune ingénieur japonais, Kōnosuke Matsushita, dont l’ambition et l’ingéniosité ont façonné l’industrie électronique mondiale. Fasciné par l’électricité et convaincu du potentiel des appareils électroménagers, il décide de créer sa propre entreprise pour donner vie à ses idées.

Panasonic (de Matsushita à National, une saga japonaise).


En 1917, Kōnosuke Matsushita quitte son poste d’inspecteur électrique à Osaka après l’échec de sa première invention. L’année suivante, il fonde Matsushita Electric Housewares Manufacturing Works, ancêtre du futur géant Panasonic. Dès 1927, ses produits apparaissent sous la marque National, tandis que Panasonic est adoptée officiellement en 1955 pour le marché international.

En 1965, le groupe lance sa marque haut de gamme destinée au marché japonais : Technics. Elle s’impose rapidement et devient une référence mondiale, notamment dans les platines vinyles et amplificateurs Hi-Fi, avec des modèles emblématiques comme la célèbre SL-1200, dont plus de 3 millions d’exemplaires ont été vendus depuis 1972.


Sous l’impulsion de Matsushita, l’entreprise se diversifie rapidement : électronique grand public et professionnelle, réfrigération, électronique automobile et produits médicaux liés au diabète. Le groupe acquiert JVC en 1953 et le conserve jusqu’en 2008.


Dans les années 1960-1970, Panasonic s’impose grâce à ses téléviseurs couleur fiables, performants et compatibles avec plusieurs normes internationales.


Panasonic joue un rôle majeur dans la standardisation du format VHS et dans la fourniture de mécaniques VHS fiables à d’autres constructeurs. L’utilisation des “Quick Start” de type B puis G permet, par exemple, à Grundig de relancer ses ventes et de rester compétitif sur le marché européen.


La fiabilité et l’innovation des produits Panasonic, qu’il s’agisse de téléviseurs, de magnétoscopes ou d’équipements Hi-Fi, lui permettent de s’imposer comme l'un des leaders mondiaux dans ces secteurs.


Au fil des décennies, Panasonic devient la marque emblématique du groupe, notamment après 2008. L’entreprise se concentre sur l’innovation technologique, comme le développement conjoint avec Sony des écrans OLED, tout en se retirant progressivement de la téléphonie mobile et des écrans plasma face à la baisse de la demande. Aujourd’hui, une partie de sa gamme de téléviseurs est sous-traitée au constructeur turc Vestel, mais la marque conserve son prestige dans le haut de gamme et l’électronique professionnelle.

JVC

(1927)

Ce spécialiste du Soleil-Levant s’inscrit de manière particulière dans l’évolution mondiale des techniques audiovisuelles. Son parcours, jalonné d’innovations et d’alliances industrielles, retrace près d’un siècle d’ingénierie et d’influence dans les domaines du son, de l’image et de la vidéo.

JVC et son histoire.

La marque JVC, fondée en 1927 à Yokohama sous le nom Victor Company of Japan, occupe une place majeure dans l’histoire de l’électronique japonaise. D’abord filiale de la Victor Talking Machine Company, connue pour l’emblématique chien "Nipper", l’entreprise fabrique dans les années 1930 des phonographes et des gramophones, puis étend ses activités à la production de radios dès 1932. En 1939, ce constructeur conçoit le premier poste de télévision japonais, tout en participant un temps à l’industrie cinématographique grâce à ses propres studios, renforçant ainsi sa maîtrise du son et de l’image. Devenue en 1953 une filiale de Matsushita Electric Industrial Co., Ltd. (aujourd’hui Panasonic Corporation), JVC poursuit son développement dans l’électronique grand public et professionnelle.


Un tournant décisif intervient le 1er octobre 2008 avec la création de la holding JVC KENWOOD Holdings, Inc., issue du regroupement stratégique de JVC et de Kenwood par transfert d’actions. Cette organisation unifiée prépare la fusion opérationnelle qui suivra. En août 2011, la holding adopte officiellement le nom JVCKENWOOD Corporation, puis, le 1er octobre 2011, Victor Company of Japan, Kenwood Corporation et J&K Car Electronics sont absorbées afin de former une seule entité fonctionnelle exploitant conjointement les enseignes JVC et Kenwood dans l’audio, la vidéo et les systèmes embarqués.


A la fin des années 1960, la société utilise également la dénomination JVC Nivico pour ses chaînes haute fidélité stéréophoniques et quadriphoniques ainsi que pour ses magnétophones, renforçant sa présence dans la haute fidélité domestique. JVC demeure particulièrement célèbre pour la création du système VHS (Video Home System) et la commercialisation en 1976, au Japon, des premiers magnétoscopes grand public utilisant ce format. La stratégie de sous-licence ouverte choisie par l’entreprise assure au VHS une diffusion mondiale et une supériorité durable face au Betamax de Sony.


Le groupe se distingue aussi dans la vidéo professionnelle : ses caméras GY-HD sont largement utilisées en reportage, le format Digital-S (D9) est développé pour concurrencer le Digital Betacam, et les gammes HDV et ProHD deviennent populaires pour leur robustesse et leur compacité. Parallèlement, JVC met au point la technologie de vidéoprojection D-ILA (Direct-Drive Image Light Amplifier), dérivée du LCoS, rapidement devenue une référence mondiale dans la projection home-cinéma haut de gamme grâce à son contraste natif élevé, sa grande précision d’image et sa stabilité chromatique.


L’intégration avec Kenwood renforce la position de JVCKENWOOD dans le car-audio : autoradios, systèmes multimédias embarqués, GPS intégrés et tuners DAB+ constituent désormais l’un des pôles majeurs du nouvel ensemble. Tout au long de son histoire, JVC se démarque également par des produits audacieux, tels que le vidéodisque VHD fonctionnant par saphir, les caméscopes VHS-C et S-VHS-C, les magnétoscopes compacts destinés aux caméras séparées, ou encore le téléviseur sphérique Videosphere de 1970, devenu une icône du design futuriste.


Après l’arrêt des activités téléviseurs de JVC en 2008, cet acteur industriel se recentre sur des secteurs spécialisés, comme la vidéoprojection haut de gamme, l’audio personnel ou certaines caméras sportives et semi-professionnelles. En France, depuis 2011, Darty est autorisé à commercialiser des téléviseurs estampillés JVC, fabriqués par un sous-traitant polonais du groupe KESA conformément à un cahier des charges défini par JVC. Ainsi se poursuit aujourd’hui l’héritage d’un nom qui a profondément marqué l’histoire mondiale de l’audio et de la vidéo.



  

AKAI

(1929)

Même si cette marque occupe une place marginale dans le domaine télévisuel, elle s’est néanmoins imposée comme un acteur majeur grâce à une série d’innovations qui ont marqué l’audio domestique comme professionnel. Sa présence ici offre ainsi l’occasion d’évoquer une entreprise dont l’influence a largement dépassé son domaine d’origine. C'est toujours un plaisir de redécouvrir ses différentes gammes Hi-Fi des années 1970 à 1980.

Akai et son histoire.


Il est donc légitime de saluer comme il se doit ce constructeur, dont j’appréciais tout particulièrement la production d’éléments séparés. Akai, nom japonais signifiant "rouge", fut fondée en 1929 à Tokyo par Masukichi Akai et son fils Saburo. Ses premiers produits étaient des moteurs électriques destinés aux tourne-disques, avant que la société ne se spécialise dans les magnétophones à bandes de toutes sortes. Elle produisit également des magnétoscopes dès 1969, bien avant l’avènement du VHS, utilisant des bobines de 1/4 de pouce. En France, les platines disque n’apparurent qu’en 1976. Akai se distingua ensuite par plusieurs avancées marquantes : le premier studio d’enregistrement intégré associant magnétophone et mixage, l’introduction du sampler en 1984, des amplificateurs sans contre-réaction destinés au grand public en 1985, ainsi que le premier magnétophone numérique à disque dur accessible au grand public en 1992.


Compte tenu de l’importance de son distributeur Akai France, l’industriel implanta une usine de production à Honfleur (Calvados, Basse-Normandie) en 1982. D’abord spécialisée dans les éléments Hi-Fi séparés, très appréciés à l’époque, elle se développa rapidement pour produire dès la fin de l’année des magnétoscopes tels que les VS-1 ou VS-5. Ce site ferma en 1997.


L’entreprise fit surtout une entrée remarquée en Europe dès la fin des années 60 grâce à ses appareils audio, domaine dans lequel elle s’imposa rapidement. Ses premiers magnétophones à bandes, tels que le M-9 ou le 1710W, furent salués pour leur robustesse et leur mécanique précise. L’arrivée des modèles GX à têtes en verre-cristal, notamment les GX-210D, GX-4000D ou GX-630D, asseya définitivement sa réputation technique et séduisit un large public. Dans les années 70, Akai confirma sa position avec des gammes Hi-Fi très compétitives : amplis et/ou tuners comme les AM-2400, AA-910 ou AA-1020 offraient une musicalité et une finition difficilement égalables pour les fabricants locaux.


Ainsi, même absente du secteur télévisuel des sixties et seventies, Akai participa progressivement à ce que l’on qualifia alors "d’invasion japonaise", incarnant, par la seule qualité de ses produits Hi-Fi, la vidéo restant en deça, ce basculement technologique venu d’Asie. La télévision couleur ne fit son apparition chez Akai France qu’au milieu des années 1980, le temps d’une brève parenthèse avec des gammes rebadgées, épisode anecdotique sans réel impact sur les fabricants européens. La marque niponne fit faillite en 2000, mais certaines de ses ramifications, comme Akai Professional, continuent d’exister et de perpétuer son héritage dans le domaine de l’audio.


  

Au cours des années 1960, l’économie japonaise enregistre une croissance annuelle moyenne de 11 %, portée par des principes résolument tournés vers l’exportation. En 1970, la croissance du Japon culmine à 10,7 %, contre 2,6 % pour l’Allemagne, alors que les USA ne connaissaient encore que 0,5 % de progression. En 1951, peu d’observateurs, en Asie comme ailleurs, imaginaient pourtant un avenir prometteur pour l’économie de l’archipel. Le rythme de croissance ralentit ensuite, tandis que l’impasse politique entre droite et gauche rend le pays difficilement gouvernable.


Aux élections de 1955, une droite recomposée l’emporte et instaure une hégémonie politique qui durera trente-cinq ans. La politique industrielle du nouveau gouvernement mise sur l’augmentation de la productivité, en réduisant l’influence syndicale et en limitant l’intervention directe de l’Etat, lequel se concentre sur les grandes orientations en matière d’investissements, de production et d’exportations. Pour affaiblir la gauche japonaise, l’administration Eisenhower soutient les exportations nippones, non seulement vers les Etats-Unis, mais aussi vers l’Europe de l’Ouest et l’Asie du Sud.


Durant les années 1960 et 1970, la libéralisation des régimes commerciaux, les crédits gouvernementaux, les directives en matière d’exportation, ainsi que la solidité et la cohésion des entreprises locales permettent au Japon de s’imposer sur les marchés internationaux. Le pays accède alors au deuxième rang mondial et devient, dès 1970, un leader en technologie et en productivité.


En 1960, lors de la visite en France du Premier ministre japonais, Charles de Gaulle ne dissimule pas son mépris en évoquant les "marchands de transistors". Vingt ans plus tard, l’économie nippone pèse pourtant deux fois celle de la France et affiche une productivité supérieure de vingt-cinq points (Source : Histoire mondiale de la guerre froide, Odd Arne Westad, éditions Tempus).


Anciennement conquérantes, les marques japonaises commencent à vaciller dès les années 2000. Progressivement supplantées par les fabricants sud-coréens et chinois, elles voient leur situation se dégrader avec la crise financière de 2008, qui leur inflige des pertes sévères. La fin de la décennie marque également l’arrêt définitif de la production de téléviseurs cathodiques et l’ascension rapide de nouveaux acteurs dominants dans le secteur des écrans LCD.


Sans oublier nos hypermarchés qui, dès les seventies, ont fragilisé notre cœur de métier par des prix cassés censés fidéliser le client.


En définitive, on retiendra que, dans l’industrie comme ailleurs, nul règne n’est éternel : ceux qui dominaient finissent toujours par céder la place à des prétendants plus agiles. La loi de la jungle, dans toute sa splendeur.


Mon seul grief à l’égard des fabricants japonais :

A l’époque des téléviseurs à tubes cathodiques, le dépannage sous garantie était confié à quelques stations techniques, créant une image élitiste et dépréciant une large majorité de professionnels pourtant compétents, faussant ainsi durablement la perception de la profession.


Bonne lecture,
                                                                                                       


RVB.


  

PIONEER

(1961)

Pioneer, présent en Europe dès les années 60, s’impose surtout dans la Hi-Fi grâce à la qualité de ses amplis, tuners et enceintes, contribuant à l’essor de la stéréophonie. Comme AKAI, la marque n’a alors aucune influence notable en télévision. Ce n’est qu’avec les plasmas Kuro, dans les années 90, qu’elle se distingue réellement dans l’image, avec un impact technique reconnu, mais un succès commercial limité. Son expansion internationale, centrée sur la Hi-Fi et le car audio, s’effectue principalement dans les années 70-80.

Pioneer et son histoire.


En 1936, à 31 ans, Nozomu Matsumoto commence à fabriquer des haut-parleurs dans le garage familial à Osaka. Fils d’un missionnaire chrétien, il fonde Fukuin Shokai Denki Seisakusho, que l’on peut traduire par Société électrique évangélique, et baptise son premier haut-parleur, l’A-8, Pioneer, symbole de pionnier. En 1938, il s’installe à Tokyo pour développer son activité dans une petite usine où il répare radios et haut-parleurs.


Après la Seconde Guerre mondiale, la société prend de l’ampleur et change de nom en 1961 pour devenir Pioneer Electronic Corporation. En 1962, Pioneer lance son système audio à éléments séparés, une innovation majeure qui influence rapidement le marché international de la Hi-Fi et contribue à la standardisation de l’audio haute-fidélité. Une filiale américaine, Pioneer Electronics USA Corp., est alors créée.


A partir des années 60, la marque s’impose surtout dans la haute fidélité, auprès d’un public averti plutôt restreint. Elle se distingue par la qualité de ses amplificateurs, tuners et enceintes, contribuant à l’essor de la stéréophonie, mais n’exerce aucune influence notable dans la télévision. Les téléviseurs couleur cathodiques vendus sous son nom sont en réalité des modèles entièrement rebadgés, Pioneer ne fabriquant pas ses tubes ni ses châssis, à l’image d’Akai à la même époque.


Ce n’est que bien plus tard que la marque s’illustrera réellement dans le domaine du téléviseur, avec ses écrans plats plasma Kuro, reconnus pour leur qualité d’image. Leur contribution restera toutefois techniquement marquante, mais commercialement limitée, loin d’un rôle structurant sur le marché mondial du téléviseur.


Pioneer multiplie par ailleurs les innovations : l’autoradio à éléments séparés en 1975, le LaserDisc grand public en 1979 (particulièrement au Japon et aux Etats-Unis), le premier système GPS pour voiture en 1990, le lecteur combiné LaserDisc/DVD/CD en 1996, le premier écran plat plasma Kuro en 1997, et le premier enregistreur de DVD en 1999. Parallèlement, Pioneer se spécialise dans le matériel professionnel pour DJ, destiné aux clubs et discothèques. Le premier prototype, le CDJ-300, date de 1992. Cette division Pioneer DJ s’impose rapidement dans le monde entier avant d’être revendue en 2014 au fonds d’investissement américain KKR.


En 2025, Pioneer existe toujours, mais n’est plus le spécialiste grand public de la Hi-Fi, des téléviseurs ou des lecteurs optiques. La marque s’est recentrée sur l’électronique embarquée pour véhicules : autoradios, systèmes de navigation, multimédia, audio automobile et logiciels liés à la mobilité. Grâce à son acquisition par CarUX, filiale d’Innolux, Pioneer devrait devenir un acteur clef des cockpits intelligents, combinant son héritage audio avec des écrans et interfaces modernes.

  

KENWOOD

(1946)

L’histoire de Kenwood illustre l’évolution d’une entreprise japonaise depuis ses modestes débuts dans la radio jusqu’à sa place actuelle sur le marché mondial de l’électronique grand public, en montrant comment la marque a su diversifier ses produits, s’adapter aux besoins technologiques et conquérir de nouveaux marchés tout en conservant ses racines.

Kenwood et son histoire.


La maison mère japonaise a été créée en 1946 sous le nom de Kasuga Radio Co., Ltd.. En 1950, elle devient Kasuga Radio Industry Corporation et commence la production de matériel audio, d’émetteurs-récepteurs et d’instruments de mesure et de test. En 1960, elle prend le nom de Trio Corporation et se spécialise dans les radios amateurs et les radios mobiles, se distinguant parmi les premiers constructeurs japonais à utiliser la technologie transistor dans ses amplificateurs Hi-Fi.


L’expansion internationale débute en 1963 avec l’ouverture de Kenwood USA à Los Angeles, première filiale hors du Japon. L’Europe découvre le constructeur en 1968 avec la création de Trio-Kenwood Belgium. Depuis ses débuts, la société se concentre sur la qualité et la fiabilité de ses produits et développe progressivement des réseaux de distribution et de service à travers le monde.


En 1980, l’enseigne simplifie son nom pour devenir Kenwood, notamment pour sa branche autoradio. En 1986, elle adopte officiellement l’appellation Kenwood Corporation. Dans les années 1990, les chaînes Hi-Fi et les autoradios Kenwood étaient très appréciés par la clientèle française. La marque a su maintenir une présence régulière sur le marché de l’audio domestique. Le premier autoradio numérique DAB de Kenwood est commercialisé en 1997. Depuis 2011, suite à la fusion avec JVC, l’industriel opère sous le nom JVCKENWOOD Corporation, tout en préservant son propre savoir-faire du soleil levant.

  

Sources des revues commerciales allemandes : hifi-archiv.info     archive.org
Merci à Guy, Serge et Walter pour leurs dons de documents papier et/ou PDF.
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Mise à jour du 10/01/2026