Pub d'époque pour Monsieur !
Pub d'époque pour Madame !
Fort d’une documentation technique suffisante relative aux générations mentionnées ci-après, je propose de distinguer trois familles de châssis français exploitées dans les téléviseurs TELEFUNKEN des années 70 et 80 : le 812 de 1978, les 814 / 914 de 1980 et, enfin, les 815 et 915 à partir de 1982.
Mais avant, petit retour rapide et sans prétention sur l'histoire de cette marque. TELEFUNKEN est une entreprise allemande de radiotélécommunication, fondée le 27 mai 1903 par AEG et Siemens & Halske à la demande de l’empereur Guillaume II, afin de développer la radiotélégraphie sans fil. En 1911, toujours sous impulsion impériale, des ingénieurs de TELEFUNKEN sont envoyés à West Sayville, sur Long Island (Etats-Unis), pour y construire une station radio dotée d’une tour de 152 mètres. Une installation équivalente est érigée à Nauen, en Allemagne, permettant d’établir une liaison sans fil transatlantique entre l’Europe et l’Amérique du Nord. Cette initiative visait notamment à concurrencer les avancées technologiques de Monsieur Guglielmo Marconi.
Après la Première Guerre mondiale, TELEFUNKEN crée en 1918 la filiale TRANSRADIO, spécialisée dans la recherche, le développement et la conception de systèmes de transmission radio. En 1919, TRANSRADIO se distingue en introduisant la transmission duplexée, permettant des communications bidirectionnelles simultanées.
Dans les années 1920, TELEFUNKEN élargit sa gamme en produisant des émetteurs de radiodiffusion et des récepteurs radio. En 1932, des tourne-disques sont ajoutés à leur catalogue.
Dans le domaine de la télévision, TELEFUNKEN joue un rôle clé : en 1936, elle commercialise l’un des premiers téléviseurs à tube cathodique pour les Jeux olympiques de Berlin. L’année suivante, elle développe le premier magnétophone à bande magnétique, baptisé Magnetophon, en collaboration avec AEG. En 1941, Siemens cède ses parts de TELEFUNKEN à AEG, qui devient alors l'unique propriétaire de l'entreprise.
Pendant l’Occupation, un émetteur TELEFUNKEN en 441 lignes est installé sur la tour Eiffel sous l'autorité de Kurt HINZMANN (interview audio très instructive de 51 minutes ici), perrmettant à Paris de conserver une avance technologique en télévision après la guerre.
En 1967, TELEFUNKEN fusionne officiellement avec AEG, donnant naissance à AEG-Telefunken. A la fin des seventies, je rappelle que, dès les châssis 811 et 812 et pour quelques temps encore, une conception électronique propre à la France allait voir le jour, tout en conservant généralement le design germanique de ses téléviseurs.
Le 1er avril 1983, THOMSON-BRANDT prend le contrôle de 75 % de TELEFUNKEN Fernseh und Rundfunk GmbH, la filiale de production de téléviseurs et de radios d’AEG-TELEFUNKEN. Cette acquisition marque le début d’un partenariat étroit entre THOMSON et TELEFUNKEN, notamment dans les technologies de télévision. Dès 1979, THORN, THOMSON-BRANDT et TELEFUNKEN unissent leurs efforts pour promouvoir le format VHS. Par la force des choses, les téléviseurs commercialisés sous la marque TELEFUNKEN intègrent progressivement des châssis THOMSON, illustrant cette coopération technologique, déjà observée avec l’ancien CAB 9 = FK 100 de 1972.
En 1985, Daimler-Benz rachète AEG, et la marque TELEFUNKEN commence à être moins utilisée.
En 2005, TELEFUNKEN SenderSysteme Berlin AG change sa dénomination sociale en TRANSRADIO SenderSysteme Berlin AG, reflétant son recentrage sur les systèmes de transmission radio professionnels.
En août 2006, la branche téléviseurs de TELEFUNKEN est reprise par Profilo-Telra, une filiale de la société d'électronique turque Vestel. Encore une grande marque allemande qui passe sous pavillon turc…
Un grand merci à Serge, Jean-Luc et Guy pour leur participation ainsi que pour leur donation de documents.
Commençons par la génération de 1978, équipée du châssis 812 (hors petits modèles, semblant relever du 914), toujours non isolé du secteur, et surprenant par l’accumulation de modules, ne laissant personne indifférent. Il convient de souligner que la qualité d’image était déjà remarquable avec son prédécesseur, le châssis 811 et son tube Delta. Cette fois, l’écran 20AX autoconvergent, soutenu par une électronique éprouvée, se montrait tout aussi digne d’estime. Vous pouvez consulter et télécharger la revue commerciale de TELEFUNKEN France dans le dossier suivant. Bonne lecture.
RVB
Revue 1967/68
Revue 1969/70
Revue 1971/72
Revue 1973/74
Revue 1975/76
Revue 1977/78
Revue 1980/81
Revue 1982/83
Revue 1984
Je ne pouvais pas évoquer TELEFUNKEN sans vous présenter un éventail représentatif de sa gamme allemande, depuis les premiers téléviseurs couleur en 1967 jusqu’aux années 80, période où Thomson imposa progressivement ses propres châssis, marquant ainsi une transition importante dans l’industrie de la télévision. Ces différentes générations illustrent l’évolution technologique et esthétique de la marque, qui joua un rôle majeur dans l’innovation de l’électronique grand public avant que d’autres géants ne prennent le relais. Cliquez sur la revue de votre choix pour la consulter en PDF.
Merci de m'avoir lu.
RVB
Châssis 709 de 1971, évolutif avec l'arrivée des écrans 110°.
Châssis 713 de 1973, entièrement transistorisé avec BU 108 en puissance ligne.
Source : https://www.hifi-archiv.info/
Quelques documents techniques disponibles ci-dessous.
Schémas de châssis allemands et français chez TELEFUNKEN (hors Thomson) :
Schémas de châssis Thomson chez TELEFUNKEN :
Chassis TELEFUNKEN 615 d'Outre-Rhin
Chassis TELEFUNKEN 418 = IKC2 Thomson
Télécommande FB270 "vidéotext" allemande
de 1984
Une collaboration qui ne date pas d'hier !!!
Le premier clavier de 1967
pour TV couleur germanique TELEFUNKEN
Filtre de cristal
Chassis 815 stéréo (1986)
On constate, à la lecture du catalogue de 1978, que dans les seventies, certaines marques ne manquaient pas d’audace, voire d’extravagance, lorsqu’il s’agissait de vendre. Assimiler le module lunaire L.E.M. aux téléviseurs de l’époque relevait toutefois de la pure aberration, même au second degré. Certes, la praticité des modules enfichables méritait d’être mise en avant, et en tant que fidèle de Grundig, je peux en attester. Mais cette approche présentait deux inconvénients majeurs : un coût de fabrication excessif et, à la longue, des problèmes de mauvais contacts.
Le prochain chapitre porte sur les châssis français 814 (110°) et 914 (90°) du début des années 80. A noter que cette génération était isolée du secteur. Je n’en ai jamais dépanné. Toutefois, un exemplaire trônant sur l’établi de mon collègue attirait une fois de plus tous les regards : la disposition et le nombre de modules intriguaient, sans oublier une image qui se distinguait par sa qualité. L’ère du tout-module allait bientôt toucher à sa fin. Vous pouvez consulter et télécharger la revue commerciale de TELEFUNKEN France 1980 ainsi que les schémas techniques ci-dessous. Je vous ai même gratifié d’un petit plaisir : retrouvez la fameuse publicité où une "Jante Damoyselle", légèrement vêtue, se baigne et se roule sur la plage, sous le regard contemplatif de Monsieur… jusqu’à ce que Madame vienne perturber le spectacle. Nul ne resta indifférent. Et pour satisfaire tout le monde, je propose la même chose aux lectrices… Bon retour dans le passé !
Mise à jour du 15.09.2025
Pour conclure ce tour d’horizon de TELEFUNKEN avant son passage sous l’égide de Thomson, voici les châssis 815 (110°) et 915 (90°), tels qu’ils apparaissent dans les revues commerciales de 1982 et 1987 disponibles ci-dessous, témoins d’une évolution technique modérée sur ces cinq années.
Dès son invention en 1963, le système PAL mis au point par ce constructeur allemand s’imposa rapidement, équipant 80 % des téléviseurs couleur en Europe occidentale à l’horizon 1984. Bien que la marque se fût d’abord investie dans la production de récepteurs SECAM pour le marché français, elle adopta en 1985 une stratégie multistandard afin de suivre l’évolution du marché.
C’était la grande transition du début des années 80, une période durant laquelle les principaux constructeurs européens durent concevoir des châssis à la fois plus économiques et plus performants. Quelques exemples significatifs :
Philips passait du TVC 11 (1981) au TVC 12 (1982).
Thomson abandonnait les B12 et D12 (1978/79) au profit des ICC1 et ICC2 (1981).
Océanic délaissait son Mini Châssis et la version 110° pour les Mini CR et F (1982).
Grundig tournait la page des thyristors avec le lancement du CUC A (1981).
Détail amusant : à partir de 1982, TELEFUNKEN France cessa de publier la photo du châssis dans ses revues commerciales. Sans doute une manière discrète de dissimuler la réduction du nombre de composants sur cette nouvelle génération. Les brochures restaient par ailleurs très laconiques. Côté nouveautés, 1982 ne marqua pas les esprits : un téléviseur Biphonic 2×7 W, et même 4 W pour deux autres. Un peu court pour prétendre au haut de gamme, qui peinait à évoluer. Difficile de succéder au 8959 HIFI mono. Le slogan "Ecoutez la télévision" sonnait creux même avec une jolie femme au maillot mouillé.
A en croire le support publicitaire de 1987, l’image gagnait en précision grâce à un filtre de cristal associé à un tube haute luminosité, censé atténuer les scintillements parasites et améliorer le confort visuel. Un simple artifice optique pour faire oublier le flicker inhérent au balayage 50 Hz ? On en viendrait presque à penser que, pour Telefunken, ce subterfuge pouvait suffire à rivaliser avec le 100 Hz de Grundig, certes contesté, mais issu, lui, d’un véritable travail de fond et d’un investissement conséquent. Comme si une solution aussi sommaire pouvait faire illusion face à une innovation technologique mûrement élaborée. Une manœuvre marketing, une fumisterie à peine dissimulée. Et pourtant, le constructeur continuait à revendiquer de « véritables avancées » : image plus nette grâce aux tubes haute définition et aux écrans full square, connectique étoffée via la prise Péritélévision, et restitution sonore « optimisée » par le système APD, lequel promettait de recréer un effet proche de la stéréo à partir d’une simple source mono. Il aurait été plus exact de parler d’élargissement ou de spatialisation sonore. Mais nous n’étions plus à une approximation près. En y portant un regard plus critique, ces arguments semblaient bien maigres. A l’image, une fois encore, d’un modeste 2×7 watts assurés par un TDA 2009, bien loin d’un réel confort d’écoute dans les infrabasses. A titre de comparaison, Grundig France lançait au même moment son premier Jumbo : un téléviseur 95 cm affichant un gabarit impressionnant — 125 kg — pour un prix tout aussi conséquent de 30 000 francs. Il intégrait deux enceintes acoustiques de qualité, délivrant 2 × 35 W (Max) via deux TDA2040, soit 2 × 20 W (Eff). Sa console seule pesait déjà 22 kg. Il y avait là une certaine audace et une singularité de son concept Monolith, une signature Grundig des années 80 que Telefunken négligeait depuis déjà quelques années donnant alors l’impression de se replier sur l’essentiel, en attendant un repreneur.
Sur le plan matériel, les étages de puissance ligne et trame étaient respectables, avec un THT relativement fiable. Comme souvent, de nombreuses soudures devaient être reprises. Le principal point noir : l’alimentation à découpage, source de sueurs froides pour le technicien après un court-circuit du transistor 2SC1413 ou 2SD905. Impossible alors de remplacer le module complet, l’alimentation étant intégrée à la platine principale. Il fallait donc mener une investigation méthodique et mettre les mains dans le cambouis.
En 1987, il était encore possible d’adapter Antiope chez Telefunken, alors que le CEEFAX faisait ses premiers pas.
Pour info, le TV 7425 en 63 cm coûtait 5000 F.
Le 815 fut donc le dernier châssis authentiquement signé TELEFUNKEN avant le passage chez Thomson. La transition était d’ailleurs déjà amorcée avec l’apparition du châssis 817 Planar, intégrant un tube R.C extra-plat fourni par le constructeur français. Il s’agissait en réalité d’un ICC5 remanié pour répondre aux exigences du rachat, lesquelles imposaient qu’au moins 30 % des composants proviennent encore de l’ancienne maison, afin de préserver, du moins temporairement, l’activité de ses usines. Le THT, certains éléments spécifiques comme les processeurs vidéo U4606/U4646, le code télécommande et le microprocesseur de gestion restaient propres au 817.
Créative Commons CC BY - NC. 2009. Pas d'utilisation commerciale. Grundig passion. RVB - CHARLEVILLE-MEZIERES (08) et CHAUMONT (52)
Châssis 914A/2N/AKS/F
Colorimage :
3009
5009
90° SECAM à clavier.
Châssis 914A/2N/ESS/F
Colorimage :
3209
5209
90° SECAM à TLC.
Modules 914A/XN/ESS/F
Colorimage :
3279
90° PAL SECAM à TLC.
Châssis 814/2N/AKS/F
Colorimage :
2209 - 6009
8007 - 8009
110° SECAM à clavier.
Châssis 814/2N/ESS/F
Colorimage :
2219 - 2609 - 6209
8109 - 8209 - 8959
110° SECAM à TLC.
Châssis 814/XN/ESS/F
Colorimage :
2259 - 2659 - 6279
8077 - 8079 - 8279
110° PAL SECAM à TLC.
Châssis 812/2N/F
Châssis 812/2N/Fa
Evolution
Châssis 815G/L/ESS/F
Châssis 815G/L/PLL/F
Châssis 815G/L/PLL/F stéréo
Châssis 815L
Châssis 915L/AKS/F
Châssis 915L/ESS/F
Châssis 915G/L/ESS/F
Châssis 915G/L/PLL/F
Châssis 915L