Cette page est née de souvenirs d’adolescence, mais sa concrétisation ne fut possible qu’après avoir rassemblé un nombre suffisant de revues commerciales pour appuyer mes propos, une tâche loin d’être aisée.
A cette époque, je découvrais avec émerveillement une qualité sonore insoupçonnée, propre au haut de gamme de chaque constructeur en 66 et 67cm. D’après mes souvenirs, cette période s’étendait approximativement de 1976 à 1985, avant que la stéréo ne devînt le nouveau cheval de bataille des fabricants.
L’audio embarqué sur ces TV se révélait alors particulièrement respectable, avec une puissance souvent annoncée à 15 W efficaces (25 W en crête), confiée à l'incontournable TDA2030. Un petit luxe supplémentaire résidait dans le traitement très soigné des infrabasses, mon plaisir coupable, puisque j’abusais des basses, sans doute ce que le gamin que j’étais chérissait le plus.
Dans les années 70, Grundig Allemagne proposait une gamme plus aboutie que celle distribuée en France. Parmi ces modèles d’exception, le téléviseur S9000, lancé dès 1976, faisait figure de référence avec son caisson de basses et ses 15 W efficaces. Point de TDA2030 ici, mais un véritable amplificateur Hi-Fi en classe B, articulé autour d’un push-pull (GD203 et GD204) à courant de repos ajustable. Son successeur, le S9250 de 1977, reprenait une architecture audio similaire, avec seulement quelques ajustements mineurs. La suite germanique de 1978 fut à base de TDA2030. Grundig France ne bénéficia pas de cette transition progressive et entra de plain-pied dans l’ère de la stéréo haute puissance avec le châssis CUC A en 1981 et les emblématiques Monolith, qui maintinrent l’exigence infrabasse jusqu’à son apogée, avec l’arrivée bénéfique bien plus tard d’un subwoofer.
La Radiotechnique emboîta le pas à Grundig Allemagne en lançant plusieurs versions Hi-Fi mono. L’un des premiers TV fut le Philips 26C779 dès 1978, doté d’une console intégrée. Son enceinte asservie embarquait un amplificateur de 30 watts efficaces. Par la suite apparurent le Philips 26C077, développant 10 watts, ainsi que son équivalent Radiola, le 66K770 (1980). Sans oublier l’Esterel, superbe Schneider équipé du TVC 11 (1981). Enfin, le Philips 26P4286 de 16 watts, à châssis TVC 12, produit en 1985, clôtura cette lignée, alors que la stéréo figurait déjà au catalogue depuis 1982.
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GRUNDIG Allemagne S9000 (1976)
GRUNDIG Allemagne S9250 (1977)
Schéma complet
S9250
Article GTI traduit
BF HIFI S9000
Revue Grundig
S9000 (1975)
Revue Grundig
S9250 (1976.77)
Mise à jour du 27/12/2025
PHILIPS France 26C779 (1978)
RADIOLA France 66K770 (1980)
SCHNEIDER ESTEREL France (1981)
Philips France 26P4286 (1985)
Revue Philips
26C779 (1978.79)
Revue Radiola
66K770 (1980)
Revue Philips
26P4286 (1985)
Revue Schneider
Esterel (1981)
BRANDT France 67.816T (1980)
PATHE MARCONI France CH 8926 (1980)
Revue Pathé Marconi
CH 8926 (1980.81)
Revue Brandt
67.816T (1980)
Schéma Pathé Marconi
BF CH 8926
TELEFUNKEN France COLORIMAGE 8959 (1980)
Revue Telefunken
8959 (1980)
Schéma 814/2N/ESS/F
Colorimage 8959 HIFI
OCEANIC France TV HIFI MONO + VHS (1983)
Océanic proposera plusieurs versions, dont le 67 9100 à réglage des canaux par potentiomètres, ou encore le 67 9300 à synthèse de tension, avec toujours une puissance audio nominale de 12 W assurée par un TDA2040.
Schéma 67 9300-12
(1982)
Schéma 67 9100-12
(1982)
Créative Commons CC BY - NC. 2009. Pas d'utilisation commerciale. Grundig passion. RVB - CHARLEVILLE-MEZIERES (08) et CHAUMONT (52)
Le groupe Thomson ne fut pas en reste avec quelques beaux téléviseurs HIFI mono que chacun d’entre nous garde en mémoire, du moins à travers les publicités diffusées à la télévision. Dès 1980, Brandt rendait disponible sa version 67.816T, dotée d’une partie audio développant 12 watts efficaces via un TDA 2030 et deux haut-parleurs : un grave-médium de 100 mm et un tweeter de 65 mm. Les réglages des graves et des aigus s’effectuaient à l’aide de potentiomètres rotatifs en façade, dissimulés sous une trappe. L’ensemble présentait un design soigné articulé autour du châssis D12.
Pathé Marconi intégrait à son catalogue le modèle CH 8926, également basé sur le D12. Il bénéficiait lui aussi d’un réglage distinct des graves et des aigus, accessible en façade (sous trappe). Une enceinte close à deux voies, pourvue d’un évent, abritait un haut-parleur grave-medium de 130 mm et un tweeter de 60 mm. Le raffinement atteignait son apogée grâce à quatre modes de commutation :
– Paroles : atténuation des aigus ;
– Ambiance : atténuation des aigus et renforcement des graves ;
– Jazz : renforcement des graves ;
– HIFI : réponse linéaire (selon na norme HIFI).
L’ensemble était piloté par un TDA 2030 délivrant 12 watts efficaces. Un produit remarquable à 4483,24 F HT (tarif achat revendeur) et 6937 F TTC, prix conseillé à la vente en mars 1981. La légende HIFI Marconi se trouvait ainsi pleinement honorée. Un produit qui coûtait juste deux rotules et un rein...
Telefunken France mettait en avant, sur sa revue commerciale de 1980, le Colorimage 8959 et son châssis 814. L’audio promettait 25 watts efficaces répartis sur deux voies. Hélas, le schéma officiel ne représentait pas le module BF propre à cette version unique, mais seulement celui de la majorité des téléviseurs de la gamme, limités à 7 watts via un TBA 810T. La liste de pièces du module BF HIFI dit "d'attaque" indiquait un TBA 800 (2.5W...), illogique ! Deux potentiomètres pour les graves et les aigus trônaient en façade. Ce téléviseur évoquera encore aujourd'hui à chacun d'entre nous, la publicité mythique où une dame, légèrement vêtue, se baignait puis se roulait sur la plage, sous le regard émerveillé de Monsieur… jusqu’à ce que Madame vînt interrompre le spectacle. Cela ne laissa personne indifférent à l’époque.
Pour conclure en Europe, Océanic lançait plusieurs déclinaisons. Le réglage des canaux se faisait soit par potentiomètres, soit par synthèse de tension. Toutes exploitaient le châssis F, cette fois associé à un TDA 2040 délivrant 12 W en puissance nominale. Le design restait sobre, avec un écran de 67 cm toujours aussi imposant. Je n’eus jamais l’occasion d’en apprécier la sonorité. Parmi ces téléviseurs figura l’éphémère haut de gamme « Ambiophonic », le 67 9600 de 1984, une version transitoire mise en valeur par la publicité télévisée de l’époque. Il offrait 2X10 W et introduisait une seconde alimentation à découpage dédiée à l’amplificateur BF. Ce passage vers la future génération stéréo Equinoxe, dotée du F3, était ainsi assuré.
Le Japon ne tarda pas à s’engouffrer dans la brèche. Toshiba fut l’un des premiers à ouvrir le bal avec son C 2695 de 67 cm, une puissance audio de 10 W et un design rappelant ce que La Radiotechnique pouvait mettre à disposition dans l’Hexagone. Panasonic suivait le mouvement avec son TC 2680 UR, 66 cm, associé à deux haut-parleurs (tweeter et woofer) délivrant 15 W. Sans doute l’un des modèles les plus sérieux de l’île du Soleil-Levant : Matsushita maîtrisait le son aussi bien que l’image, au prix, il est vrai, d’une esthétique discutable. Hitachi introduisait pour sa part le CBP 265, toujours en 66 cm, décliné en deux finitions (NN : métallisé noyer, BC : métallisé noir), offrant 10 W sur deux haut-parleurs. Enfin, Sharp entrait dans la course avec le C 2002 G/N/S de 51 cm, toujours cantonné à 10 W (2 HP). Sony, déjà à cheval entre mono et stéréo, présentait en Allemagne le KV 2705 ES de 68 cm, au dessin typiquement monophonique. Il nécessitait l’adjonction d’une enceinte extérieure placée à gauche pour développer 2 × 10 W. Hors concours dans ce panorama, il mérite néanmoins d’être cité (revue Sony Allemagne 1982 TV), par respect pour la marque. La puissance audio étant généralement exprimée en "watts crêtes" ici, hormis Panasonic, le rendu sonore ne devait pas casser trois pattes à un canard. Cela allait souvent de pair avec un design d’une banalité affligeante. Bref, ce n’est clairement pas sur ce créneau que le Japon nous aura battus.
Cette liste, sans prétendre à l’exhaustivité, rassemble ce dont je me souviens encore. Elle me paraît toutefois assez représentative de ce qui a été décliné durant cette courte décennie. J’ai peu évoqué la production nippone, faute de documentation et, surtout, par absence d’intérêt personnel. Bonne lecture,
RVB
HITACHI Allemagne CBP 265 BC (1981)
Revue Hitachi
CBP 265 NN
(1981)
PANASONIC Allemagne TC 2680 UR (1981)
Revue Panasonic
TC 2680 UR
(1981.82)
TOSHIBA Allemagne C 2695 (1980)
Revue Toshiba
C 2695
(1980)
SHARP France C2002 G (1982)
Revue Sharp
C 2002 G/N/S
(1982.83)