Post concernant l'incendie de l'emetteur de la tour Eiffel par Louis-Marie Foratier alias Colorix.
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Retrouvez les revues françaises TV-VIDEO GRUNDIG de 1983 à 1985, en cliquant sur une des couvertures et consultez l'historique ci-dessous. Chaque exemple en gras, a sa photo en médaillon qu'il suffit de survoler pour identification et cliquer pour agrandir. Mon avis de technicien est affiché via une à cinq étoiles sur chaque photo.


Avant d'attaquer dès 1983, ma première année de travail essentiellement pour Grundig France, un petit rappel succinct des éléments constitutifs d'un téléviseur. Les données en rouge gras sont à retenir.

D'après vous, que fallait-il dans les années 90 à un téléviseur pour fonctionner?

*) Une tension secteur.

*) Un signal d'antenne.

*) Une alimentation, de préférence à découpage, avec de multiples tensions stables aux secondaires: 5V, 12V, 23V, 120V en moyenne selon les châssis et 200V... Elle devait isoler le TV du secteur EDF (châssis froid) obligatoire depuis notre incontournable péritélévision et réguler ses tensions en fonction de l'alimentation secteur et des consommations aux secondaires. Une protection en cas de surcharge était indispensable.

*) Un processeur gérant le bon fonctionnement de l'ensemble (commandes, sécurités, mémorisation, dialogues entre IC, afficheur, OSD...).

*) Un bloc tuner blindé chargé de sélectionner le canal à recevoir. Sa sélectivité permettait aux canaux adjacents de ne pas perturber la réception. Quant à sa sensibilité, elle permettait de restituer fidèlement, le signal le plus faible possible. Grundig a toujours excellé dans ce domaine.

*) Un étage FI qui allait extraire des fréquences intermédiaires, les informations indispensables pour:
       - L'image (
luminance + chrominance).

       - Les bases de temps (ligne et trame).

       - Le son analogique + NICAM.

       - Le télétexte ANTIOPE puis CEEFAX.

*) Un étage base de temps ligne qui allait générer le signal de synchro pour la déviation horizontale et la Très Haute Tension de la grille G4 du tube cathodique.

*) Un étage base de temps trame générant un signal de synchro pour la déviation verticale.

*) Un étage vidéo pour décoder le signal luminance sur toute une échelle des gris.

*) Un étage chroma pour décoder le signal couleur en SECAM III, voire en PAL ou plus rarement NTSC (3.58 ou 4.43).

Je vous épargne la grosse prise de tête du procédé couleur SECAM III à décodage séquentiel de notre chère France. Je vais donc aller à l’essentiel. Un TV couleur devait obligatoirement garantir, à prix abordable, la compatibilité avec un poste noir et blanc par ajout d’informations chroma sur un signal luminance Y d’une image monochrome. Des 3 couleurs fondamentales (RVB), le vert (V ou G pour Green) s’obtenait par soustraction via l’équation: 0.59G = Y – (030R + 0.11B), retard, permutation et matriçage. Le rouge et le bleu, transmis sous forme de 2 sous-porteuses de différences (R-Y) et (B-Y), constituaient un signal séquentiel FM passant par un filtre cloche centré sur 4.285Mhz. Celui-ci supprimait la modulation d’amplitude générée par le circuit "anti cloche" au codage et redonnait une amplitude constante et linéaire en fréquence des signaux couleur atténués au codage afin de garantir à l’origine, la compatibilité de réception des signaux couleur avec un téléviseur noir-blanc sans moirage. La sous-porteuse (R-Y) était de 4.406Mhz (15625Hz x 282) et (B-Y) de 4.250Mhz (15625 x 272) choisies simplement par multiples de la fréquence ligne. L’identification du signal chroma existait via deux procédés. La trame: Signaux en forme de bouteilles présents sur les lignes 7 à 15. Et la ligne: Signaux présents sur le palier arrière du top de synchro ligne toujours modulés à la fréquence 4.406Mhz pour (R-Y) et ensuite 4.250Mhz pour (B-Y). Cette salve comportait deux informations. La fréquence comme signal d’identification et l’absence de salve pour indiquer au portier une image en noir et blanc. Grundig choisira uniquement ce type d’identification ligne, via la fréquence de 4.250MHz, dès le début des années 80 pour exploiter Antiope.

*) Un étage ampli vidéo pour mettre en forme les signaux destinés aux cathodes du tube cathodique.

*) Un étage ampli son analogique.

*) Sans oublier, un programme intéressant à voir... Aussi facile à trouver aujourd’hui qu'une maternité de pucelles.


Dans les années 90, seul le balayage en 625 lignes né en 1964, était encore exploité sur les mêmes bases que feu le 819 lignes sauf la forme des signaux pendant les retours trame. Il était indispensable, lors de la prise de vue, transfert et réception, de procéder une première fois au balayage de lignes impaires. Puis par un décalage d’une demi-ligne, c’était au tour des lignes paires d’être balayées pour ensuite finir entrelacées avec les impaires précédentes. Comme une image complète était transmise en deux trames, on pouvait croire à deux demi-images avec lignes impaires puis paires. La réalité était plus subtile avec des étages de puissance ligne et trame balayant deux fois une image complète de 312 lignes. L’expression "deux demis" concernait le contenu d’image transmis à la suite.


Pour la petite histoire, le balayage entrelacé est apparu dans les années 30 en versions plus ou moins expérimentales de l’ordre de 350 lignes. En 1936, le 405 lignes anglais constitue la première norme de télévision commerciale entrelacée. Il sera exploité jusqu’au début des années 80. Suivi de près par le 455 lignes français présenté à l’expo universelle de 1937. Il repassera en 441 lignes sous l’occupation, en 1943, par l’importation d’un matériel allemand de chez Telefunken déjà exploité à Berlin. Cette norme imposée par l’occupant demeurera sur Paris jusqu’en 1956 lorsqu'un incendie de l’émetteur de la tour Eiffel mettra fin à l’aventure 2 ans plus tôt que prévu. Voir ici l'excellent post concernant l'incendie de l'émetteur de la tour Eiffel par Louis-Marie Foratier alias Colorix. Quant au 819 lignes en service depuis 1949, il prendra une retraite bien méritée en 1983. Sans oublier les premières expérimentations du 625 lignes UHF dès décembre 1961, qui lanceront, moins de 3 ans plus tard, les émissions régulières de la nouvelle deuxième chaîne. Le 441 lignes américain à 60Hz sera de courte durée pour devenir le 525 lignes monochrome en 1941, puis couleur NTSC 3.58Mhz en 1952. Malgré sa qualité contestable, son exploitation durera quand même plus de 70 ans.


J'ai juste oublié le principal, l'écran!!!

Un tube cathodique couleur des années 90, pour faire simple, devait convertir en énergie lumineuse, un signal electrique vidéocomposite par l'intermédiaire de 3 flux d'électrons parfaitement guidés.

Il fallait donc avant tout générer des électrons et les canaliser, accélérer, projeter au bon endroit et au bon moment sur la dalle du tube cathodique. En partant du principe qu'un flux d'électrons ne peut se déplacer que de la cathode vers l'anode, le tout sous vide d'air.

Avec  3 couleurs fondamentales, il fallait 3 filaments + 3 cathodes + 3 G1 + 3 G2 + 3 G3 + 3 G4... Soit globalement, 3 canons à électrons (hors Trinitron).

Pour émettre des électrons, il fallait par canon :

*) Un filament.

Les 3 filaments bispiralés en tungstène étaient là pour chauffer l'intérieur de chaque cathode. La tension était en général de 6.3V.

*) Une cathode.

Une cathode était un cylindre de nickel au fond troué vers l'écran et isolé à l'intérieur par de l'alumine. Il était enduit entièrement et extérieurement d'une pâte de baryum et de strontium fortement émissive en présence de chaleur.

Quand les cathodes arrivaient à température, il y avait émission d'électrons. En l'état, ils n'avaient pas encore l'énergie suffisante pour se projeter vers l'écran. Il fallait leur adjoindre des grilles accélératrices de plus en plus positives. Les cathodes servaient de commande pour le signal vidéo. Si leurs tensions étaient au maximum donc environ 150V = on atteignait le niveau du noir à ne pas confondre avec le cut off. Au contraire, si elles étaient au minimum donc environ 100V = on atteignait le niveau du blanc ou blanc maxi.

On allait donc trouver différentes grilles "post accélératrices":

*) Une grille G1. Ces grilles encore appelées Wehnelt, percées d'un petit trou en face de la partie émissive, entouraient leur cathode à quelques millimètres. Le très fin flux électronique la traversant n'était pas stoppé. Cette grille était polarisée en général à la masse la neutralisant. Il était nécessaire de lui appliquer une tension négative de l'ordre de -120 à -180v pour stopper le débit d'électrons. Comme l'avait toujours fait Grundig depuis les années 60 pour l'extinction du spot de ses propres téléviseurs à l’arrêt de l'appareil.

*) Une grille G2. Anode de préaccélération constituée d'un long cylindre en nickel formant la première lentille électronique. Sa plage de fonctionnement allait de 500 à 800V (tension ajustable) avec un courant très faible de l'ordre de 5uA.

*) Une grille G3. Anode de focalisation servant à rendre l'image la plus nette possible (concentration). Sa plage de fonctionnement allait souvent de 29 à 33% de la THT soit environ 7500V (tension ajustable). Le courant était aussi très faible de l'ordre de 10uA. Elle était nécessaire à l'obtention du cut off du tube encore appelé coupure tube ou point d'extinction. A ne pas confondre avec le niveau du noir qui devait être visible en fonction du réglage de la lumière.

*) Une grille G4. Anode d'accélération. Elle se logeait dans le col du tube et se poursuivait par la métallisation disposée à l'intérieur du cône jusqu'à la prise THT, le masque et la métallisation de l'écran. Le cône était graphité extérieurement et relié à la masse. La capacité constituée entre le graphite extérieur et la métallisation intérieure servait à filtrer la THT. Sa tension fixe avoisinait souvent les 25KV avec une intensité minime. Grâce à elle, le flux d'électrons était suffisamment "dopé" pour se fracasser sur les luminophores.

A la réception, la reconstitution d'une image n'était pas possible sans l'étage du balayage ligne, chargé de faire déplacer le spot horizontalement et son acolyte du balayage trame pour une déviation dans le sens vertical. Par l'intermédiaire du déflecteur du tube cathodique composé bien entendu de plusieurs bobinages spécifiques.

Maintenant qu'on a le signal vidéo appliquée sur chaque cathode, les tensions nécessaires sur les différentes grilles pour projeter le flux d'électrons sur les bons luminophores au bon moment grâce au déflecteur, on comprend un peu mieux le fonctionnement d'un tube. Je rappelle que les luminophores disposés en interne, juste après une couche aluminisée indispensable, elle-même précédée du masque à fentes, permettaient de convertir sur sa dalle, une énergie électrique en énergie lumineuse par excitation. En clair, contribuer à nous apporter enfin l'image couleur tant attendue.


Encore quelques données techniques de base à mémoriser et on en aura fini avec mon bourrage de crâne:

* Dans les années 80, on allait souvent partir du principe, qu’un oscillateur unique était nécessaire afin de générer la fréquence ligne et par division la fréquence trame dans le même IC.

* La fréquence verticale de 50Hz, encore appelée fréquence trame, était choisie pour ne pas interférer avec l’éclairage de notre habitation 50Hz EDF et ne pas provoquer les phénomènes visuels de scintillements ou de battements perceptibles par l’œil humain.

* Le spot balayait l’écran verticalement en (aller et retour pour revenir au même endroit): T = 1 / F soit 1/50 = 20 ms.

* Le temps de retour trame était de ~ 10% soit 18ms aller et 2ms retour.

* La fréquence ligne encore appelée fréquence horizontale correspondait à F = 1 / t soit 1 / 0.000064 = 15625Hz.

* Une demi-image balayée, encore appelée trame: 625 / 2 = 312.5 lignes soit en réalité 312 lignes - 30 lignes sans vidéo = 282 lignes pour une demi-image soit le double pour une image complète = 564 lignes, qui en étaient réellement ~ 560 lignes de par la pondération du format 4/3 choisi. Ce qui donnait pour le format de l’époque (560 x 4) / 3 = 746 points pour une image complète visible soit pour une demi-image ou trame: 746 / 2 = 373 points pendant un balayage trame. Le signal vidéo utile qui passait du blanc au noir durant 64us – 12us pour le retour du spot en fin de ligne = 52us. Donc une période de 52us / 373 points = 0.139410us d’où une fréquence théorique pour la bande passante de 1 / 0.139410 = 7.17Mhz. En réalité, avec le coefficient en 625 lignes, la bande passante vidéo était de 6Mhz.

* La durée d’une ligne complète était de T = 1 / F soit 0.020 / 312.5 = 64us.

* Le temps de retour ligne était de ~ 18% soit 52us aller et 12us retour.


Petit aparté.

Depuis les années 80, Grundig a élaboré des produits de qualité, à condition d'appliquer les modifications techniques nécessaires préconisées par la marque à postériori. Cela prouve le sérieux du suivi des appareils, mais aussi et surtout, le manque de tests sur le terrain. Hormis ce petit reproche, c'était une marque excellente.

Mes premiers pas en télévision.

En 1969, j'avais 5 ans. Ma mère m'avait surpris à "allumer" la télévision familiale PHILIPS qui ne pouvait recevoir que la première chaîne de l'ORTF en 819 lignes. Mes parents l'avaient acquise peu à peu en alimentant chaque jour le monnayeur installé sur l'interrupteur secteur. Mais je ne regardais pas l'écran en permanence. Je montais sur une chaise pour observer à travers son capot arrière, tous ces inexplicables points lumineux orange avec leur odeur et leur chaleur particulières. J'ignorais, bien entendu, l'utilité de cet amoncellement de lampes.


Mon père décida de remplacer notre vénérable brontosaure Philips par un Visseaux toujours monochrome en 1973. Il était enfin compatible UHF/VHF 819/625 lignes et muni d'un clavier à 6 touches bien pratique comparé à certains rotacteurs d'un autre temps.

C'était l'époque où un camarade de classe me confiait regarder Télé Luxembourg plus souvent que les chaînes françaises. Son paternel s'était accoutumé, depuis sa création en 1955, à regarder quotidiennement cette chaîne luxembourgeoise qui, d’après lui, deviendra de plus en plus intéressante au fil du temps. Il possédait un téléviseur Barco belge multinormes qui m'impressionnait de par son armada de touches. Les Ardennes profitèrent donc d'une chaine étrangère francophone 4 ans avant la mise en service de notre réémetteur de Sury Charleville pour la première chaine RTF.  Je rappelle que Télé Luxembourg a officié de 1955 à 1972 en 819 lignes noir et blanc canal E7 à bande étroite, limitant sa qualité d'image et officiellement pour la seule Belgique. Lui succèdera RTL Télé Luxembourg pour une décennie. Avec cette particularité d'émettre toujours en 819 lignes noir et blanc belge + 625 lignes SECAM canal 21 pour le nord-est de la France + 625 lignes PAL canal 27 belge.

Mes parents n'avaient jamais voulu de Télé Luxembourg, mais j'étais obsédé par toutes ces installations d'antennes, partout autour de moi, dans les années 70. 3 modèles spécifiques étaient nécessaires afin d'assurer la réception de l'ensemble. Il y en avait pour tous les gouts. Des mixtes ou séparées pour nos 3 chaines nationales, mais toujours avec coupleur UHF/VHF. La une de l'époque héritait d'une large antenne verticale VHF bande III F8 et les deux autres, d'une variante plus raisonnable en bande IV (canaux 23 et 26). Sans oublier une version monocanal imposante et spécifique pour Télé Luxembourg canal 21 au sommet du mât avec descente directe du câble que Tonna et Portenseigne vendront en très grande majorité dans les Ardennes entre autres. Il faut dire que le triplet de séparation n'était pas respecté entre RTL canal 21 et la deuxième chaine de l'ORTF canal 23 chez moi. Le fait de connecter le bon câble d'antenne en fonction de son programme était chose courante. Peu pratique, mais efficace contre les moirages. Dans le temps, on pouvait se le permettre. Ce n'était pas encore la folie du zapping par la télécommande. Il n'était pas inhabituel de voir quelques installations d'antennes perchées à une hauteur imposante de la faitière de toit pour une meilleure réception. Haubaner l'ensemble à plusieurs niveaux pour une rigidité parfaite du mât devenait obligatoire. Curieusement, les Ardennais étaient moins friands de la RTB, plus tard baptisée RTB1 puis RTBF 1. A ma connaissance, personne n'a cherché à la capter dès que ce fut possible. Encore un mystère. Et la non-possession d'un TV multinormes n'était pas la cause principale. C'était vraisemblablement idéologique ou culturel.

Pour son mariage, ma sœur reçut en cadeau, un CAD8 Pathé Marconi 67cm je crois, avec son gros clavier à 6 touches noires ou chromées, je ne me souviens plus trop. Il dissimulait les incontournables EL 519 et EY 500. Comme bonus, j'avais enfin la réception de RTL Télévision couleur que je regardais du haut de mes 14 ans avec grand plaisir en soirée quand ma frangine était absente. Le démarrage du télé était vraiment impressionnant par ce bruit spécifique de la démagnétisation. Ca donnait l'impression de vider de toute son énergie, notre centrale nucléaire à Chooz. Je me rappelle aussi l'ampli 22dB sans doute Elap en haut du mât et son alimentation derrière le téléviseur pour recevoir le canal 21. La distance entre Charleville-Mézières et Dudelange à vol d'oiseau est de 100km. La puissance d'émission de l'émetteur luxembourgeois était de 1000/100 kW image/son. L'amplification du signal était donc obligatoire. Que de souvenirs. Ca a perduré jusqu’à ce qu'un pilote de l'armée de l'air belge heurte l'émetteur en juillet 1981, le tuant sur le coup ainsi que les deux personnes présentes.

A l'âge de 17 ans, je décidais d'explorer cette technologie télévisuelle dont j'ignorais absolument tout. Je venais de récupérer un téléviseur à thyristors quasi neuf Super Color 5309 FR Grundig de 66cm à clavier d'une certaine classe. Le tripatouiller m'impressionnait toujours et j'en ai fait fondre des fusibles...

Et c'est en 1983, par l'intermédiaire de Monsieur Moreau, le technicien itinérant de chez Grundig pour le 08, que je me suis fait mettre le pied à l'étrier en prenant mon premier abonnement technique chez ce constructeur d'outre-Rhin. Il fut le premier à m'expliquer comment contrôler rapidement le rendement d’un tube couleur sans matériel spécifique. Après vérification des alimentations sur la TRC, il suffisait de dessouder les 3 cathodes du tube et les relier à la masse au moyen de résistances de 2.2Mo. Démarrer ensuite le téléviseur. Sur un tube neuf, on mesurait sur chaque cathode, 100V pour 100% d'efficacité par canon. Une tension de 50V équivalait donc approximativement à un débit de 50%. Pratique et rapide. Cette méthode me sera d'ailleurs confirmée par Bernard Lefort plus tard qui l'intégrera dans son aide à la maintenance. J'étais désormais atteint de la "grundigolophagie", maladie incurable dont on sort probablement fou ou les pieds devant... 


Mon plus grand regret.
Avoir refusé à Monsieur Lecoq, Directeur technique de Grundig France dans les années 90, sa proposition d'assurer la Hotline téléphonique de la marque d'outre-Rhin chaque matin pour les "grands comptes" (hors traditionnels). Il est vrai que ça aurait profité financièrement uniquement à mon employeur de l'époque à la reconnaissance pécuniaire inexistante. Ca ne s'est donc pas fait… Et je le regrette amèrement avec le recul pour le volet pédagogique.


Dossier spécial sur les téléviseurs Monolith Grundig commercialisés en France entre 1982 et 1995.
Les anciens se feront un malin plaisir de redécouvrir la légende des téléviseurs Grundig français Monolith et leurs schémas techniques respectifs en cliquant ici. Le véritable savoir-faire de la marque à l'époque jusqu'à l'arrivée décevante du premier TV 100Hz M70-100 HDQ de 1990. La transition technologique inévitable des années 90 allait faire naître le nouveau concept Mégatron dès 1994 pour mieux abandonner l'entité Monolith en fin d'année 1995... Et ce fut bien dommage!


Dossier spécial sur les radios Satellit Grundig commercialisées entre 1964 et 2008.

Vous trouverez en cliquant ici un résumé des radios "Satellit" Grundig, le fleuron de la marque qui enchantera de nombreuses années les radios amateurs et clients avertis.


Mes débuts professionnels de 1983 à 1985.

Châssis (50Hz) CUC A 90 et 110° de 1981 à 1983 mono et stéréo.

Châssis (50Hz) CUC C 90 et 110° de 1983 à 1985 mono et stéréo.

J'ai commencé sur ce châssis modulaire CUC A qui à y regarder de plus près, était d'avant-garde avec enfin une alim à découpage, fiable de surcroit. Et cerise sur le gâteau, une recherche des canaux par synthèse de fréquence généralisée sur toute la gamme avec télécommande. Le balayage ligne abandonnait les thyristors "indomptables" pour beaucoup d'entre nous au profit du transistor et uniquement en 625 lignes. Consultez ici mon dossier PDF sur le balayage ligne.

 

La correction est/ouest en 110° intégrait un nouveau modulateur à diodes avec l'incontournable BY 228 et fonctionnait à la manière d'une diode zener variable dont la tension pouvait être la parabole de correction modulant le balayage ligne de telle sorte que le haut et bas de l'image aient moins d'amplitude que le centre. Cet excellent type de balayage ligne perdurera jusqu'à la fin de l'aventure Grundig. J'y mettrai quand même un bémol. L'utilisation du BU 208 pouvait être farceur suivant le fournisseur. Il en existait 2 types. Dans un but de déstockage de la jonction base / émetteur, certains avaient une résistance interne entre 40 et 150 ohms selon les fabricants et d'autres, incompatibles, devaient se voir câbler le composant en externe. Il en sera de même avec le BU 508 (résistance de 100 ohms). Voire le 2SD1432 de chez Toshiba bien des années plus tard. On pouvait facilement se faire piéger en passant commande chez un grossiste.

 

Pour la première fois, la fonction "Automatic Cut-Off Control" que Brandt va appeler Stabicolor dès 1985 était utilisée chez ce constructeur. La technique était simple. Le nouvel IC TDA 3505 (G), dédié à la gestion vidéo, intégrait un circuit interne de mesure et d’équilibrage du débit moyen des 3 canaux qui concrètement contrôlait en permanence l'équilibre de l'échelle des gris et donc aussi la fidélité des couleurs. Au début de chaque trame (lignes 22,23,24 et 325,326,327), le TDA 3505 délivrait successivement sur chaque voie une impulsion de 52us d’un niveau équivalent au gris moyen déterminant une conduction de référence du canon à contrôler. Les 3 informations en retour sur l’IC étaient analysées. Le résultat final traduit sous forme de charge (via 3 condensateurs) permettait pendant le reste de la trame (20ms) d’ajuster le point de travail de chaque amplificateur vidéo jusqu'aux limites physiques d'un tube rincé!!! Ce circuit intégré fiable sera exploité par Grundig jusqu'en 1995. On pouvait vite constater l'efficacité de ce contrôle avec un écran déjà usé qui au démarrage délivrait des couleurs erronées. Elles étaient rapidement compensées par l'IC. Avec un tube qui fonctionnerait encore, il est possible aujourd'hui, de retarder l'apparition de l'image fatiguée en augmentant la valeur de C9552 sur le CUC A (à l'origine entre 10 et 22uf 16V suivant les châssis), le temps d'obtenir la correction nécessaire. Ce condensateur était chargé de simuler pin 27 du TDA 3505, le courant de faisceaux. Défectueux, il pouvait d'ailleurs être la cause d'une luminance trop longue à venir ou couleurs dégradées.


Un nouveau signal venait d’apparaître au début des années 80, le fameux château de sable ou SuperSandcastle (SSC) fabriqué dans l'IC de l'oscillateur ligne contenant 3 informations sur des paliers bien précis:

Niveau 1=11V: permet d'activer une porte de salve ou clamper au niveau du noir à chaque ligne. Essentiel pour le portier chroma.

Niveau 2=4.5V: utilisé pour l'effacement du retour ligne à chaque ligne.

Niveau 3=2.5V: utilisé pour l'effacement du retour trame avec 2ms de durée à chaque trame (20ms).

Indispensable au contrôle automatique de gain de la chroma, le SSC servait donc aussi à la gestion du contrôleur luminance, entre autres. Sur le CUC A, il était exploité pour la première fois et communiquait entre 3 modules qu'étaient la synchro qui le générait, la chroma et le module RVB qui en tiraient parti.


Le poids des 8 modules au total, notamment du tuner-FI censé rigidifier l'ensemble, pouvait fragiliser le châssis principal et provoquer des cassures de pistes invisibles à l'oeil nu. Je dois reconnaître qu'il fallait de la poigne pour les insérer à l'époque ces cartes enfichables. Heureusement, l'oscillo était là en cas de mauvais contacts.


Le CUC A était doté d'un meilleur traitement chromatique que le CUC C et plus particulièrement d’une gestion du rouge plus agréable à l'œil selon le tube utilisé surtout en 110°.


La gestion de l’afficheur LED (hors Futaba) en façade était confiée au vénérable UAA 2022 du CUC A au DIGI 6, soit presque 20 ans de carrière. C’était un registre à décalage doublé d’un buffer d’afficheur 16 segments. Hormis un petit problème de moirage sur certains canaux VHF, cet IC était fiable et parfait dans son rôle. C’était plus souvent son condensateur de filtrage, calibré trop juste, qui se mettait en court-circuit. Nostalgie!!!


Le CUC C sorti en 1983 fut le plus intéressant et le plus abouti des deux hormis un module tuner-fi aussi capricieux que la série du CUC A (écran blanc à répétition). Il faut savoir que les composants étaient positionnés sur la bakéline en Allemagne, mais c’était l’usine française de Creutzwald qui était chargée du bain de soudures et de l’étalonnage. Le hic, c’est que le transport routier entre nos deux pays accumulait une humidité néfaste à de bonnes soudures. En général, elles commençaient à lâcher au bout de 3 mois d’utilisation. C’était tout con, mais ça a pourtant perduré un bon moment … Je fus d'ailleurs en panne de tuner-fi 3 mois après l'achat de mon premier TV GRUNDIG C7462. Même si je dois reconnaître qu'il souffrait d'une dominance verte chronique qu'aucune modification du constructeur n'a jamais véritablement corrigée.


Le haut de gamme HIFI stéréo 110° du CUC C était équipé d'un demi-châssis petits signaux à gauche du tv (vu de derrière) et d'un second demi-châssis alimentation et balayage ligne à droite. Photo ci-dessous d'un châssis CUC C stéréo italien complet dispensé de péritel. Vous pouvez suivant votre navigateur, télécharger puis visualiser ici ou ci-dessous, la vidéo de formation allemande sur le CUC C.


Grundig Allemagne avait prévu un large éventail de sous châssis pour toute l'Europe à la sortie du CUC C. La déclinaison était ainsi faite:

* CUC 741 haut de gamme 110° 56 et 66cm à télécommande, stéréo de 2x30W musicaux.

* CUC 731 moyen de gamme 110° 56 et 66cm à télécommande, stéréo de 2X10W musicaux (non commercialisé en France).

* CUC 70 Compact universel 110° 56 et 66cm à télécommande mono 6W musicaux.

* CUC 60 Compact universel 110° 56 et 66cm à clavier mono 6W musicaux.

* CUC 52 90° 42, 47 et 51cm à télécommande mono 4W musicaux.

* CUC 42 90° 42, 47 et 51cm à clavier mono 4W musicaux (uniquement en 51cm en France).

* CUC 51 90° 37cm à télécommande mono 4W musicaux.

* CUC 41 90° 37cm à clavier mono 4W musicaux.


Sans oublier l'évolution de l'étage trame et de ses problèmes à venir (lire ici La malédiction de l'étage trame).


Je me souviens de la possibilité à partir du CUC C de forcer l'identification Ligne + Trame pour améliorer la chroma générée par un caméscope rotor. Il suffisait d'appliquer 6V par 2 résistances en pont diviseur de 15 kohms entre la masse et le 12V avec point milieu sur la pin 23 (à isoler de la masse) du TDA 4555 chroma. Sans oublier de supprimer la capacité C9501 de 68 PF sur l'info Sandcastle arrivant sur la pin 24 de ce même IC. Et en plus, c'était efficace.


Les écrans à coins carrés faisaient leur apparition dès 1985 sur le CUC C.


Ces châssis CUC A et C allaient abandonner l'identification trame pour le mode Ligne (salve sur le palier arrière du top de synchro ligne) en vue de l'utilisation du système Antiope qui s'invitait dans les TV mais n'intéressera pas grand monde... Cette identification Trame avait, à l'oscillo, la forme de bouteilles couchées, d'où leur surnom. La France légiféra dès 1978 pour que l'identification Ligne devienne la norme tout en gardant l'ancien système par compatibilité avec le parc de TV couleur d'un autre temps. Ces fameuses bouteilles disparaitront en 2005 au passage du tout numérique, bien que de nombreuses chaînes s'en fussent déjà débarrassées comme Canal +. 


Je découvrais deux rétroprojecteurs, le CINEMA 9030A PS et surtout le fameux CINEMA 9050 PS avec sortie motorisée de son écran, impressionnant à l'époque!!! Puis apparu le vidéoprojecteur CINEMA 9000 équipé d'un châssis modulaire GSC 900, de ses 3 objectifs Schneider et de son écran concave de 96X125 cm. Une prouesse en 1982!!!


Je passerai sous silence les premiers magnétoscopes VHS qui furent une catastrophe côté fiabilité, que ce soit le VS 180 TC , le VS 200 TC ou encore le 2X4 2200 (V 2000)!!! Il faudra attendre 1987 avec le VS 400 FR pour retrouver des appareils dignes de ce nom équipés de mécanismes fiables de fabrication japonaise (Panasonic).


Grundig se lançait, dès 1984, dans la commercialisation de lecteurs cd audio à l'excellente technologie "monofaisceau" CDM1 dont le tout premier CD30 construit par Philips où chaque IC avait son support, le grand luxe à l'époque. Ce fut ma première formation audio chez Philips à Nancy en 1986.

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 A 8800 PS

TV haut de gamme CUC A 1982: Monolith A 8800 PS.
TV haut de gamme CUC A 1983: Monolith A 8883 FR PS.
TV haut de gamme CUC C 1984: Monolith C 8882 PS.
TV haut de gamme CUC C 1985: Monolith 70.190.PS.

A 8883 FR PS
C 8882 PS
Monolith 70.190.PS
2X4 SUPER (V2000)

Magnétoscope haut de gamme 1982: 2X4 Super.
Magnétoscope haut de gamme 1983: 2X4 Super.
Magnétoscope haut de gamme 1984: 2X4 Stéréo.
Magnétoscope haut de gamme 1985: 2X4 Stéréo.

2X4 STEREO (V2000)

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