Les documents commerciaux et techniques des CAB8/D8.
Le châssis D8 (110°) remplaçait au pied levé le désastreux CAB10 à thyristors. Retour aux sources avec les incontournables lampes EL519 et EY500 dans le balayage ligne. Cela présentait au moins un avantage : offrir du travail aux techniciens de l'époque, étant donné la fiabilité toute relative de ces composants chauffants. Avec une consommation électrique de 400 VA pour la version 51 cm en 90° du CAB8, on peut aisément imaginer que cela devait réjouir EDF !
Thomson, soucieuse de valoriser ses nouveautés dans sa revue commerciale de 1976, préférait mettre en avant les avancées des nouveaux tubes IN-LINE P.I.L. auto-convergents. Une manière habile d’éluder un sujet plus délicat : le retour aux lampes, perçu comme une régression que la marque préférait ne pas exposer en pleine lumière. Autre glissement sémantique : le terme "thyristor", pourtant central dans l’architecture de quelques dinosaures, disparaissait purement et simplement des documents promotionnels. Trop anxiogène, sans doute. A sa place, une formule rassurante : "châssis entièrement transistorisé, protégé par disjoncteur électronique". Le vocabulaire technique devenait ainsi un levier marketing soigneusement aseptisé pour écouler les derniers stocks d’appareils dotés de composants réputés capricieux. Le petit portatif couleur de 41 cm portait encore les traces d’une fabrication asiatique (Sanyo, JVC), comme souvent pour ce format. Sur le fond, il est difficile de reprocher à Thomson la qualité intrinsèque de ses châssis, généralement robustes et bien conçus. Mais côté design, la marque semblait toujours à la traîne, affichant un style peu inspiré, voire austère face aux lignes travaillées de Continental Edison ou à l’élégance sobre de Pathé Marconi. Suite page suivante .../...
Ce nouveau châssis, à l'image de son prédécesseur, utilisait un autotransformateur avec un pôle du réseau relié au châssis, donc toujours sans isolation secteur. Inspiré des châssis CBB6 et CAB9, il était structuré en 7 sous-ensembles : un module de commande avec clavier + tuners UHF et VHF + module FI, un module Chroma Luma, le châssis principal pour les balayages ligne et trame avec leurs alimentations, un module pour les convergences, le C.I. tube et enfin l'alimentation générale par autotransformateur. Regardez ci-dessous ce que Barco sous-traitait encore cette année-là pour Thomson en multinormes.
Pour son mariage, ma sœur reçut un téléviseur CAD8 Pathé Marconi de 67 cm, doté d’un large clavier de 6 touches noires ou chromées, je ne me souviens plus précisément. En prime, je profitais enfin de la réception de RTL Télévision en couleur, que je regardais avec grand plaisir du haut de mes 14 ans lorsqu'elle était absente. Le démarrage de sa TV impressionnait par le bruit distinctif de la démagnétisation, donnant l’impression de vider de toute son énergie notre centrale nucléaire voisine. Autant que je m'en souvienne, une belle image, surtout en comparaison du monochrome Visseaux de mes parents.
Créative Commons CC BY - NC. 2009. Pas d'utilisation commerciale. Grundig passion. RVB - CHARLEVILLE-MEZIERES (08) et CHAUMONT (52)
1976
Thomson et ses cinquièmes châssis couleur français CAB8/D8.