Thomson abandonnait le balayage ligne basé sur des tubes pour adopter une technologie à thyristors. Cette transition se révéla désastreuse, au point de qualifier ce châssis de "barbecue". Recommander un extincteur en guise d'accessoire indispensable était à peine exagéré. Il faudra patienter encore quelques temps avant l'apparition d'un successeur fiable utilisant à nouveau des lampes, avec le CAB8 (90°), arborant les célèbres EY 500 et EL 519. La version 110° apparaitra via le châssis D8.
Les documents commerciaux et techniques des CAB10/D10.
Thomson et ses quatrièmes châssis couleur français CAB10/D10.
D’un point de vue technique, cette gamme couleur à tube 110° fut malheureusement lancée précipitamment, alors même que Thomson ne maîtrisait pas véritablement le balayage ligne à thyristors. Cette génération, tristement célèbre, devait en plus intégrer un auto-transformateur secteur de type E-I peu rassurant, son châssis (chaud) n’étant pas isolé du secteur… Une caractéristique étonnamment anachronique, mais rendue nécessaire par la forte puissance consommée sans régulation de l’alimentation. Hélas, rien de réellement positif ne peut être retenu du CAB10/D10 ou du CM10 pour les frontaliers. En fin de carrière, il bénéficia tout de même de quelques modifications judicieuses (DL 15, CL 05, CL 07, Relais 10A...), qui firent de lui un CAB11 fiable. Etait-il vraiment nécessaire de le faire évoluer ??? D’autres constructeurs surent mieux exploiter cette architecture, obtenant des résultats globalement plus fiables, en particulier sur les petits formats d’écran. La rumeur veut que l’ingénieur à l’origine de cette "catastrophe thyristoriale" ait été licencié, avant d’être repris par Océanic, où il reproduisit presque à l’identique le balayage ligne du CAB10 dans le châssis "Tore Tore", leur deuxième génération couleur avec le "même succès". Les causes de cette fiabilité mise en défaut restaient obscures : s’agissait-il d’une transposition inadaptée de la théorie élaborée par RCA, détenteur américain des brevets, d’un choix inapproprié de condensateurs ou de thyristors, ou encore d’une commutation franco-française 819/625 lignes mal conçue, voire fatale ? Face à ces difficultés, Océanic sut néanmoins tirer parti de la situation en promouvant son successeur, le châssis "Selle Tore" à transistor baptisé "L’anti-panne", en contraste avec les performances pour le moins discutables de son prédécesseur. Il fallait oser !
Créative Commons CC BY - NC. 2009. Pas d'utilisation commerciale. Grundig passion. RVB - CHARLEVILLE-MEZIERES (08) et CHAUMONT (52)
1974
Outil
indispensable
au
CAB10